Viols-et-espoir

Viols-et-espoir

Cette nuit, je suis morte une nouvelle fois.


 Cette nuit, j’ai été témoin d’une tentative de viol…

Comment vous expliquer ? Quand on a été violée soit-même, il y a des choses auxquelles on pense et qu’on aurait jamais pensé avant. Mais je dois bien avouer que, de voir le viol d’une autre femme ne faisait pas parti de mon panel des possibles. 



J’ai été réveillée en sursaut par des cris. Une sorte de brouhaha incompréhensible. Je ne me suis pas inquiété plus que nécessaire. Il n’est pas rare d’avoir des embrouilles entre jeunes alcoolisés en bas de chez moi. Bon, ça n’arrive pas tous les jours non plus : 3 ou 4 fois en 30 que j’habite ici. Mais d’un coup, il y a eu un cri de femme. C’est cela qui m’a tiré de mon lit pour aller jusqu’au balcon. Je n’ai pas vus ce qu’il se passait si se n’est une masse compact de quelques hommes qui encerclait la voix féminine. Elle criait qu’on la laisse tranquille, qu’on ne l’a frappe pas. Jusqu’au moment ou ces cris se sont transformés en hurlements, caractéristiques, sous le coup de la douleur. 
Des lumières se sont allumées au premier étage. Des voisins sont arrivés en courant dans le parking, ont chassés les mecs et on emmené la jeune femme pliée en deux et hurlante. Happy end, je suis rassurée et retourne me coucher.



Non, là je mens pour me rassurer… 

Comment vous expliquer à quel point aujourd’hui, je suis détruite ? Comment arriver à dépasser ma honte pour mettre en mots ma sensation d’avoir eu le coeur réduit en miettes ? Comment vous avouer que ça n’est pas moi la victime, mais que pourtant, cette nuit, j’ai le sentiment d’avoir été violée à nouveau ?



Il y a un viol dont je ne me souviens toujours pas… La tournante. Je sais que c’est arrivé, mais je suis incapable de me souvenir de ce qu’il s’est passé. J’ai comme un gros trou noir. Trou noir qui me fait peur car je ne sais pas ce qu’il va en ressortir un jour ou l’autre. Et là, cette nuit, sur mon balcon, à travers les hurlements de cette femme, j’ai eu des flashs de mon agression. Je suis resté tétanisé. Les hurlements d’une femme que l’on tente de violer ont vraiment une résonance particulière. J’ai reconnu les miens à travers les siens. Le son était le même, la teneur des phrases était la même. Le son des coups qui pleuvent… 

J’ai mis des années à réussir à les sortir de ma tête et ils sont à nouveau là, ancrés en filigrane.


Je me suis barricadé dans ma chambre pour avoir un semblant de protection. Et mon cerveau m’a lâché… Je suis redevenu le petit animal blessé et traqué que j’ai été. Mon sentiment d’insécurité est à son paroxysme. Je suis terrorisée à la simple idée d’ouvrir mes volets, de devoir voir ma propre mère et de « devoir » lui faire un bisou pour lui dire bonjour. J’aimerais simplement pouvoir rester, là, coincé et caché derrière mes meubles. Rester là roulé en boule avec ma souffrance et ma peur. Rester à hurler silencieusement. Rester et mourir, le coeur écrasé par les réminiscences. Rester avec les larmes qui coulent toute seule sur mes joues depuis des heures. Rester avec mes crises de paniques qui se succèdent depuis des heures. 



Mon coeur et mon âme sont en train de mourir.



Cette nuit, j’ai été violée. À nouveau. Puisque je me suis souvenue…



Cette nuit, je suis redevenue une victime.

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22/07/2016
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I'm lost in my mind


  Il y a des jours, voir des semaines, on vous êtes étranger à vous-même. Une nouvelle, une échéance, une parole échangée, une conversation raté et c’est la chute inexorable dans le néant. Votre néant…




Écrire, et le publier de manière publique, c’est une sorte d’appel au secours. Une façon de dire que l’on ne va pas bien sans en parler directement. Sans devoir utiliser des mots concrets pour expliquer. Et surtout ne rien attendre en particulier de personne. Une sorte de sursaut de l’égo pour se dire qu’on ne va pas crever comme ça, seule, sans au moins avoir le regard curieux d’un péquenaud sur nous. 
Je suis tiraillée entre cette envie de continuer à faire semblant, d’envoyer du rose, des paillettes, des chatons et des conneries histoire de faire genre que ma petite vie à la con continue sans heurts; mais en même temps, la fatigue et le ras le bol hurlent « À quoi bon ? ». 
Pourquoi je fais ça ? Parce qu’on est désappointé face à quelqu’un qui chiale ? Parce qu’on aime tout bonnement pas ça ? Parce que les gens ont leur propres emmerdes et donc, autre chose à faire ? Parce que j’ai envie de sauver les apparences ? Mais quelles apparences ? Ou plus prosaïquement, parce que je n’ai pas envie qu’on me pose de questions…



J’ai envie de m’enterrer avec ma douleur et mes souffrances qui me dépassent. Je ne supporterais les solutions micro-ondables pour aller mieux. Les « Tu as fais ci ou ça ? », « Tu devrais… », ou l’habituel « Tu n’as pas d’autres choix que d’avancer ! ». On a toujours le choix… Je refuse d’être incomprise une fois de plus… Devoir se justifier, légitimer sa souffrance pour avoir l'impression d'avoir le droit de la vivre pleinement. J'ai envie de ne pas avoir à culpabiliser que les gens ne puissent rien faire pour m'aider, si jamais ils leur venaient l'idée d'avoir envie de m'aider. Je veux pouvoir me laisser le temps et le droit d'aller mal. 
Je veux simplement me foutre en boule dans un coin de ma chambre. Me protéger de toutes les aiguilles extérieurs qui me transpercent de toutes part. M’endormir au milieu de mon univers rassurant et croire, qu’un jour, j’aurais enfin une vie qui ressemblera à quelque chose…

En attendant, je vais peut-être essayer d'arrêter de faire semblant…

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05/06/2016
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One of those days...

  
   Ce qui est décevant avec les marques du passé, c’est qu’elles se rappellent à nous… Les blessures suintent plus ou moins régulièrement. Et pour aucune raison réellement valable. Ou alors tout se joue dans l’inconscient…

Alors le matin on veut se lever mais on a mal. Un mal inexplicable qui prend au corps et qui nous étouffe. Une sensation oppressante de peur et de dégoût de soi. Une impression d’être de trop. De ne pas savoir quoi faire de ce corps. Tout notre être nous donne envie de vomir. Parce qu’il nous a trahi. Parce qu’il ne nous appartient pas. Il ne nous appartient plus… Pourtant, parfois on avance. Des actes ou des personnes nous permettent de nous rapprocher timidement de lui, d’essayer de se reconnecter à lui. Mais c’est 3 pas en avant pour 10 en arrière… 
Aujourd’hui, mon corps est une cause perdu… 
Le pire, c’est que je sais que je vais passer pour superficielle. Parce que le physique ne fait pas tout. Mais c’est plus profond que ça. Si je n’aimais pas ma gueule, il ne s’agirait que d’une question de changement pour que ça aille mieux. Là c’est une hantise globale. Une haine forcenée contre mon essence. Contre ce qui m’anime. Contre ce qui fait qui je suis. J’ai l’impression d’habiter un corps qui n’est pas le mien. On m’a volé ma maison. On m’a détruit ce qui était sensé protéger mon âme. 



Le reflet dans le miroir est pire que tout. Je ne me plante pas devant en maugréant « Mais que je suis moche ! ». Non, je n’ai pas d’idée sur la question. J’ai simplement un corps inconnu face à moi. Un corps que je n’aime pas, parce que je ne vois pas le lien avec moi. Tant qu’à être là, je le regarde sous tous angles. Et rien ne va. Je ne vois aucune harmonie dans cet amas de graisses. C’est mou, c’est gros, mais il y a aussi des os qui dépassent… Et puis je pèse ce corps. Et là, c’est l’hécatombe… Là, à mes yeux, il devient affreux. Je n’ai jamais rien vus d’aussi moche, d’aussi détestable. Je n’ai même pas envie de pleurer, j’ai simplement une colère inouïe. Je voudrais faire crever ce corps dont je ne veux pas. Je voudrais lui faire du mal, pour qu’il comprenne à quel point je le déteste, qu’il ait honte de lui comme j’ai honte de moi-même… 

Je me trimballe avec mes idées noires, comme un cortège de pensées prêtes à m’assassiner. Je triture ma mémoire avec tout ce que j’ai vécu. Tout ce que j’ai subi. Tout ce que ce putain de corps à dû supporter sans même murmurer sa douleur… Parce que ça n’est pas classe de dire que l’on souffre. C’est montrer une faiblesse que je ne saurais tolérer ! Et pourtant, ici je dégueule le surplus de pue qui m’étouffe. Parce qu’ici personne ne se sens obligé de me prendre, moi et mon corps dégueulasse, dans ses bras. Parce que dans le fond, je ne veux pas de compassion. Je ne veux même pas être comprise. Surement par peur de me rendre compte que personne ne le pourrait réellement…



Parfois, souvent, on reproche aux femmes violées la façon qu’elles ont d’essayer de dépasser leur douleur. Elle a été violée, et pourtant elle se tape une tripoté de mecs maintenant. Et oui… Mais pourquoi ? Parce que lorsque vous avez été habitué à la violence, c’est quelque chose que vous comprenez. Vous savez gérer face à ça ! Et avoir plein d’hommes qui vous passent dessus en étant préoccupés que de votre trou, ça au moins vous connaissez ! Alors qu’un homme qui va tenter de vous insuffler sa tendresse et son amour, c’est trop. Ça fait un mal de chien. Et de toute façon, vous ne le méritez pas. Et vous avez la sensation que vous allez le salir. Vous et votre corps à vomir… 
Récemment j’ai fait un questionnaire à la con sur Fb pour savoir si mes amis me connaissent. À la question « Croyez-vous au grand amour ? », j’ai répondu « non ». Peut-être qu’avant, quand j’étais très jeune et encore pleine d’illusions débiles j’y croyais. Mais maintenant… Maintenant, j’ai l’impression d’être complètement usée et désabusée malgré ma gueule juvénile et ma propension à prendre la vie du bon côté. Alors non, je ne crois pas au grand amour. La seule chose à laquelle j’aspire c’est un homme compréhensif qui me respecte. Rien de plus… 




Je ne sais pas si un jour, je serais ma propre amie. Mais si je pouvais cesser d’être mon ennemie, ça serait déjà bien…


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20/02/2016
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La futilité pour vivre...

  En ce moment je me bat pour vivre... Pour être une femme qui existe pour et par elle-même. Mais le chemin n'est pas forcément simple. Et parfois j'ai des ratés...

Je fais une cure thermale pour le stress et les troubles post-traumatique. Alors, on pourrait se penser que barboter dans l'eau pendant plusieurs heures, ça n'a rien de bien compliquer. Cependant, le but de tout ça est de détendre vos muscles, évacuer vos tensions. Seulement qui dit détente dit aussi lâcher-prise. Et c'est lors de ce fameux lâcher-prise que les pensées ingérées remontent à la surface. Les souvenirs, les flash-back, les douleurs morales et physiques. Et c'est là qu'il faut apprendre, non à les refourguer dans un coin sombre de votre cerveau, mais à les faire sortir pour de vrai de votre corps et votre âme.
Mais quand cette "sortie" se fait, on se sent sale. A nouveau...
Je ne compte plus le nombres d'heures que j'ai pu passer dans des salle-de-bains depuis maintenant 14 longues années. Le budget pharaonique "gel douche" que je me suis octroyée. Le nombre de bouteilles de parfum qui s'entassent partout dans ma chambre. La quantité effroyable de produits de maquillage que je stocke comme s'il y allait y avoir la guerre.

J'avais réussi à revenir à une certaine "normalité" d'utilité de ces produits... Mais là, avec tout ce que j'ai à gérer, je n'ai pas pu.
Il y a un jour ou je me suis littéralement sauvée des thermes en courant dans la nuit. J'ai couru et je suis arrivée en face d'une savonnerie... Momentanément, je me suis ressaisie. Et j'ai acheté 10 flacons de gels douche... Et je suis repartie courir à travers la ville sans but précis. Je me suis perdue dans des ruelles obscures. J'ai failli tomber dans un lac. J'étais seule et affolée avec 10 gels douche qui pesaient une tonne dans mon sac. Et je me sentais coupable. D'ailleurs, j'ai communiqué avec deux personnes très proches de moi. Deux personnes qui je sais, ne me jugeront pas. Et pourtant, je n'ai pas osée avouer ce que je cachais dans mon sac. J'ai eu honte...

Je n'ai pas réussi à avouer non plus, qu'avant les soins on a pas le droit de se maquiller et de se parfumer. Pour moi c'est l'horreur. Devoir me balader dans la rue sans un seul gramme de maquillage sur la figure, c'est pire que de devoir sortir nue. J'ai la sensation d'être vulnérable. De n'être personne. De n'avoir aucune consistance. Il n'y a que mes longs cheveux qui sont là pour me protéger en partie de la cruauté que je ressens flotter partout autour de moi. C'est un bien maigre cache-misère...

On m'a dit hier que j'étais la joie de vivre incarnée... Oui, face aux gens... Face à mon âme aussi. Face à mon corps, je ne vois qu'une déchéance absolue. Un corps que je vois couvert de blessures. Personne n'a jamais vus mes marques de coups, mes bleus, mes traces de doigts autour du cou, mes brûlures dû au crépis du mur, mes cloques puis brûlures de cigarettes... J'ai toujours bien pris soin de les cacher amoureusement. Sous une tonne de maquillage. Sous des vêtements trop grands. Sous des mitaines.

Alors je continus de cacher... Cacher le rien. Cacher le vide.
Oui, le maquillage n'est qu'un artifice. Oui le parfum c'est superficiel.
Mais j'ai besoin d'être superficielle pour exister... Même si je ne l'avoue pas...



26/11/2015
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Je ne suis pas moche... Je suis tout simplement laide.


    J’ai déjà plusieurs fois parlé du corps, des problèmes que l’on a à vivre avec après… 



Le mien c’est mon boulet. Pourtant, je ne vais pas jouer les hypocrites : je le sais que je suis belle. Ou plus exactement, je sais que les AUTRES me trouvent belle. Et j’en joue souvent. Pourquoi ? Pas pour faire ma petite vaniteuse, non. Pas non plus pour que l’on m’aime encore plus (je ne suis pas suffisamment déphasée pour confondre un fort attrait physique avec de l’amour). Alors pourquoi ? 


En fait, c’est pour avoir l’impression de vivre… Les autres aiment mon corps à ma place. Parce que moi, je lui voue une haine forcenée. Alors oui, j’écoute et ça me fait plaisir que l’on me dise que je suis belle. Parce que comme pour n’importe qui, ça me plait de plaire ! Mais ça n’est pas pour autant que cela change ma propre vision de moi-même. Dès que j’ai dépassé le pas de ma porte ou que je ne suis plus sous le regard d’autrui, tout retombe comme un vulgaire soufflé au fromage. Je me vois dans un miroir et là, mes yeux et ma conscience s’ouvrent pour de vrai… 
Je suis laide. Je ne suis qu’un tas informe de chaire. Une sorte de montagne de viande avariée. 
En plus dès que je suis stressée, mon taux de cortisol augmente. Et comme beaucoup d’hormones, ça fait grossir. Beaucoup grossir…
En 15 jours là, j’ai pris 10 kilos. Je peux vous le dire à vous : je pèse aujourd’hui 70 kilos… Riens que d’écrire ce chiffre immonde j’ai envie de pleurer… Mais s’il n’y avait que ce nombre… Non, il y a le miroir. Le miroir qui me renvois un ventre dégueulasse. Le miroir qui me montre mon cul immense comme un porte-avion. Ça c’est certain que je ne risque pas de me louper quand je m’assoie dessus ! Mes joues qui se sont arrondies comme si j’étais un hamster qui préparait ses provisions pour l’hiver. En gros, je ne ressemble à rien… Ou à un gros tas informe. Ou à un pop corn. En tout cas, rien qui ressemble à une femme. Une femme belle et désirable…
D'ailleurs, lors du premier viol, le mec m'avait que j'étais "magnifiquement mince". Et qu'une femme mince c'est ce qu'il y avait de plus beau... S'il voyait le boudin monstrueux que je suis devenue aujourd'hui... Au moins là, il ne risquerait pas de me toucher...

À chaque fois que j’ai eu un pauvre mec qui avait perdu la raison, et qui du coup voulait se mettre en couple avec moi, j’ai toujours douté. Que pouvait bien me trouver ce pauvre homme ? Comment pouvait-il avoir envie de me voir nue ? J’ai toujours l’impression que l’homme qui « sort avec moi » ou me saute, se sacrifie. Que c’est uniquement pour me « faire plaisir » et qu’il fait sa B.A de l’année. 

Aujourd’hui j’ai honte… La simple idée que l’on puisse poser ses mains sur moi, et que l’on puisse sentir tous mes bourrelets me glace d’effrois. Souvent la question ne se pose pas : cela fait longtemps que j’ai cessé de me mettre dans des situations ou je ne « risques » pas de coucher avec quelqu’un. Bien sûr il m’est arrivée de faire des exceptions. Et là, il y'a un savant mélange qui se forme dans ma tête… Mélange entre mon angoisse de dégouter le mec et mélange de ma figure qui ne laisse rien transparaitre de ce qui se déroule comme pensées dans ma tête. 
Parfois mon cerveau se met sur OFF et me permet de ne vivre que l’instant présent sans me préoccuper de tous mes complexes. Mais là, quand je suis dans une période comme celle-ci, ça m'est impossible. Rien n’est naturel. Le simple fait de faire la bise à quelqu’un me fait monter de l’angoisse. Même quand il s’agit de quelqu’un de proche ou quelqu’un que j’aime. Je m’attends à chaque instant au regard dégouté qui pourrait me tomber dessus… Mais j’enfouis ma peur et je me contrôle…



J’ai peur du jour ou je n’arriverais pas à me contrôler. J’ai peur du jour ou les gens verront ce que moi, je vois…
En attendant, j'ai besoin boulimiquement d'avoir des mains sur moi. J'ai besoin des regards emplis de désir même si j'ai l'impression qu'il est impossible que se soit moi qui les provoque. J'ai besoin qu'on me fasse l'amour. Mais pour une fois, je n'accepterais pas que se soit n'importe qui qui me le fasse...



Dessin réalisé par moi-même. "Véracité tangente"...
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18/11/2015
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La mémoire qui fait ce qu'elle veut


  Cette nuit j'ai fais un cauchemar. Ou plus exactement j'ai eu un flash-back pendant que je dormais...

J'ai revécu la tournante (Ou le "viol en réunion" comme m'avait reprise une psy...). J'ai été victime de 3 viols et pourtant celui-ci, je n'en parle quasiment jamais. Parce que je ne suis pas prête à y faire face... Je sais qu'il a existé, mais mon cerveau se refuse à comprendre réellement ce que mon corps à subis pendant deux longues heures.
Et pourtant, cette nuit, il ne m'a pas épargné. J'ai revu, j'ai à nouveau ressentis toute la souffrance et toute l'humiliation. Ce matin je me suis réveillée en ayant mal partout. Je me suis levée avec cette affreuse douleur mémoire que mon corps avait été déchiré en deux à partir de mon vagin. Je me suis sentie sale, perdue, accablée par la souffrance morale. Je suis allée me laver dans le noir pour ne pas voir mon corps horrible dans le miroir. Je n'ai même pas envie de sortir tellement j'ai peur du regard des gens sur ce corps hideux et imontrable. Je voudrais tuer ce corps sans me tuer moi-même. Moi, mon âme... La seule chose qui mérite de vivre encore chez moi...

Je suis face à la mer au milieu d'un paysage paradisiaque et je vois par dessus ça, en image de fond, ces 6 mecs qui me passent dessus un par un... Ces 6 hommes qui n'ont pas un seul regard humain pour à mon encontre. Je ne suis rien. Rien que des membres assemblés que l'on tire, écarte, pousse durement sur le côté parce que "ça" gêne. Je suis une masse de chair que l'on pétris, dans laquelle on enfonce ses mains et ses ongles sans ménagement.
Ce matin j'ai mis des litres de parfum... Parce que j'ai dans le nez cette odeur de sueur, de sperme et d'urine... J'ai l'intime conviction que tout le monde va se retourner sur mon passage en se bouchant le nez. Même si je sais intellectuellement que ça n'est pas vrai...

Et puis d'un coup, je me suis souvenu. Il y a 7 ans, je faisais des cauchemars quasiment toutes les nuits. Un matin je me suis réveillée dans un état pitoyable à côté de mon mec. J'ai commencé à lui raconter... La cave, le sol avec un matelas dégueulasse, les 6 mecs... Il m'a coupé en me disant : "Je ne veux pas savoir. Tais toi, je refuse que tu me reparles à nouveau de tes viols. Je ne peux pas supporter de t'imaginer en train de te faire baiser comme ça par tous ces types !".
Alors je me suis tus. Parce qu'effectivement, c'est dégoutant d'imaginer ce troupeau de mecs avec les pantalons aux chevilles. C'est gênant de m'imaginer étalée par terre. C'est humiliant qu'autant de sexes soient passés par là... Jusqu'à aujourd'hui, je n'ai pas réussi à retrouver les mots pour sortir le venin qui m'empoisonne. Même là, je ne sais pas vraiment comment raconter ce qu'il s'est passé... Je me sens handicapée par cette douleur et ces mots qui restent coincés dans ma gorge et dans ma tête.

  Aujourd'hui, une fois de plus, je vais faire semblant que tout va bien. Je vais faire semblant de ne pas voir toutes ces hallucinations. Je vais éviter d'imposer aux gens mon corps si détestable et mon esprit malade.
Je vais garder mon angoisse, ma honte et sourire. Sourire pour de faux, c'est ce que je sais faire de mieux...


11/11/2015
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L'incompréhension qui se noit dans le sang

   La grosse difficulté dans les histoires de viols et d'agressions c'est de se retrouver confronté au regard et aux jugements de "l'autre". Qui que puisse être l'autre. Parents, proches ou médecins... Car on peut avoir tendance à oublier que le corps médical est simplement composé d'humains sommes toute banals, là plupart du temps. Et là, la claque peut-être magistrale... Hier je me suis, à nouveau, trouvé face à un mur d'incompréhension et de jugement...

Je suis partis pour faire une cure dite "psychosomatique" pour traiter toutes les affections qui pourraient être liées à un traumatisme :


    • états dépressifs réactionnels ou névrotiques,

    • états anxieux avec troubles somatiques variés,

    • dystonie neurovégétative d’expression cardio-vasculaire

      (palpitations), digestive (dyskinésie, colites spasmodiques),

      ostéo-articulaire et musculaire,

    • troubles du sommeil.


La victimologue que j'avais consulté passé à un temps, avait pensé que ça pourrait au moins m'aider. Donc 3 ans plus tard, je me suis décidée à enfin l'écouter. Seulement le médecin de la cure n'a pas vraiment l'air de penser la même chose. En fait, je me suis même fait l'impression d'être une touriste venue faire un petit séjour vacance au frais de la princesse. J'ai eu beau lui expliquer tous mes symptômes à base de : douleurs rhumatismales, intestins qui "fonctionnent" en permanence, sang qui se débine de partout, sommeil plus que perturbé et surtout viol... Rien y à fait.
Elle m'a demandé si j'avais des problèmes intestinaux (lol), si je dormais bien (re lol), et si j'avais mal (méga lol). Mais surtout elle a terminé en apothéose :

 

                                                        "Vous avez été violée ? Ah... Bien à un moment donné il faut savoir oublier et passer à autre chose, hein !"

 

Elle m'a vus 5 minutes, elle ne sait pas comment je drive ma vie, mais à première vue, j'ai l'air de me porter plutôt bien alors je ne suis pas malade. Par contre, il faut que "je passe à autre chose". Donc, un viol chez cette femme, c'est un peu l'équivalent de se péter un ongle ou de se faire larguer par son petit copain quand on à 10 quoi ! Alors que quelqu'un de "lambda" vous sorte un truc pareil, ça fait déjà mal mais on peut mettre ça sur le fait que la personne ne sait pas bien comment réagir. Ou qu'elle n'a pas fait d'études et qu'elle est un peu brute de décoffrage. Ou que le sujet la gêne... Mais un médecin... Venant d'un médecin c'est intolérable, violent, méprisant, choquant et surtout culpabilisant.
Maintenant j'ai l'habitude d'avoir l'impression de me faire traiter comme une merde par les médecins incompétents et indélicats. Mais, je me suis tout de même changé en statut de sel... Pour éviter de me décomposer face à elle et de me mettre à pleurer. Parce que les larmes étaient à deux doigts de sortir. Mais non, il était hors de question que je m'effondre face à tant d'indifférence. Face à ce que je considère être de la cruauté.
Alors discrètement, sous son bureau, je me suis planté les ongles dans le bras et j'ai arraché un bout de peau. La douleur m'a tétanisée le cerveau et j'ai pu répondre avec un grand sourire :"Oui, il faut avancer convenablement dans la vie, sans les entraves du passé, quel quelles soient."

Faire bonne figure, qu'est-ce que je pro dans le domaine ! Mais maintenant, dans ce putain de lit qui n'est pas le mien, face à mon petit ours en peluche porte-bonheur, je peux laisser aller mon flot continu de douleur. Douleur d'avoir l'impression de faire une cure thermale que visiblement, je ne mérite pas. Douleur de me battre depuis maintenant plus de 13 ans pour ne pas être le cadavre éclaté 7 étages en bas de chez moi, que j'ai souvent rêvé d'être. Il me faut donc oublier d'avoir été battue, d'avoir été étranglée, d'avoir été massacrée. Ok... Easy !
J'ai la haine... Cela faisait un moment que j'avais réussit à ne pas me démolir l'intérieur des bras pour déplacer une douleur trop grande. Et là il faut que j'aille voir un médecin pour retomber dans ce mécanisme malsain...

  Mon ours me regarde avec l'air de me dire "Vas-y pleure". Mais non putain, ça c'est le dernier rempart de ma dignité ! Le goût de ma douleur mélangé à mon sang est plus gérable...

 

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10/05/2015
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Les blessures qui ne se voient pas ou TSPT.

  Quand on a vécu un événement qui a menacé notre intégrité physique et/ou psychologique avec une impression de mort imminente, il est courant de développer des TSPT ou Troubles de stress post-traumatique. Il s'agit d'un état d'anxiété sévère qui semble ingérable. À ne pas confondre avec les petites angoisses du quotidien, bien évidemment ! Je tiens à le préciser car j'ai souvent entendu des personnes dire : "Bah oui, bah moi aussi je suis stressé, et je continu ma vie !". Ok ok, bien tant mieux j'ai envie d'te dire, ça fera un boulet de moins à devoir écouter geindre !! Plus sérieusement, il ne faut pas toujours tout ramener à soi et son propre vécu surtout quand celui-ci ne sort pas de l'ordinaire.

 

Ici nous parlons d'un stress bien particulier car il a été provoqué par un acte réel. La personne n'est pas en train d'anticiper ce qui peut éventuellement lui arriver... Elle fait simplement un lien entre ce qui lui est DÉJÀ arrivé et qui donc peut se REPRODUIRE ! La cause en est des évènements extrêmes qui provoquent donc un trouble réactionnel. Alors qu'est ce qui rentre dans la catégorie "évènements extrêmes" ?
 - Attentats

 - Bombardements

 - Accidents graves

 - Catastrophes naturelles

 - Violences physiques avec blessures graves
 - Viols
,...

Donc tout événements qui provoque une peur intense, un sentiment d'impuissance ou un sentiment d'horreur. Mais cela peut aussi toucher les témoins de l'accident qui s'est produit sur leur proche.

 

Quand il se passe de tels évènements la réaction se fait en 3 points :
 1) La réaction immédiate :

L'individu à peur. La respiration s'emballe, il est en sueur. Il y a une forte agitation ou au contraire une hébétude.
 2) Le temps de latence :

Immédiatement après, il ne se passe rien. Le cerveau tente d'oublier et/ou de rationaliser. On ne prend donc pas conscience que l'on vient de vivre une situation hors-norme. Le cerveau se refuse à vous faire subir quelque chose auquel vous n'êtes pas prêt.

 3) Le syndrome post-traumatique :

Là commence les hallucinations, les souvenirs forcés et autres... Certaines personnes vivent cela pendant des mois et d'autres leur vie entière.


Les symptômes du stress post-traumatiques sont :
 - Une diminution de la réactivité face au monde extérieur

Impression de cerveau "ralentit", on n'est plus aussi intéressé par nos passions. De même la personne peut ressentir l'impression d'être étrangère à elle-même ou aux autres. La perception de ses propres émotions est comme anesthésiée surtout en ce qui concerne l'intimité, la tendresse et la sexualité.


 - Des souvenirs ou des rêves répétitifs liés à l'évènement

Sorte de flas-back (ou reviviscence) qui vous font revivre le choc encore et toujours. Comme un film qui passerait devant vos yeux et qui se superpose à la réalité.


 - Une attitude d'évitement

Vous n'allez plus sur les lieux, vous fuyez les personnes en lien avec l'acte, vous ne voulez plus regarder les infos ou tout autres documents/films/livres qui pourrait évoquer une situation similaire.

 

 - Des symptômes anxieux persistants, de l'hyperéveil

Cela se voit généralement lors de "dates anniversaires", ou le fait d'être bloqué par le temps quand l'acte est arrivé en extérieur, ou une musique entendu au même moment,... Dans ces cas la personne va être soit très énervée, avoir un sentiment de haine, ou au contraire être complètement paralysée par la peur. Il s'agit aussi du fait de ne plus pouvoir s'endormir aussi facilement ou d'être réveillé par le moindre bruit. Il s'agit aussi du fait d'être aux aguets en permanence malgré l'absence de risques imminents.

 

 - Des troubles du comportements

Auto-mutilations, anorexie/boulimie, conduites à risques, alcoolisme, prise de drogues ou de médicaments. Le tout pouvant déboucher sur des pensées suicidaires avec passage à l'acte.

  - De la somatisation
D'un coup, les maux de têtes de ventre se font plus présent. Et/Ou des problèmes cutanés.

 

  - Sensibilité accrue

Aux remarques, aux plaisanteries. Souvent mal interprétés et ce de manière disproportionnée, elles poussent à pleurer ou se mettre en colère.

 

  - Altération des relations aux autres
Par peur du jugement ou simplement des gens, la personne s'éloigne et se coupe du monde. Mais aussi parce que le propre caractère de la personne à changé.

 

Le stress post-traumatique se caractérise surtout par sa durée : plus d'un mois...
Il intervient aussi quelques temps après l'évènement. De plus, cela handicape fortement la personne dans sa vie de tous les jours. Le manque de sommeil, les douleurs, l'impression de peur constante, le travail mental pour éviter d'avoir à être confronté à ses souvenirs rend la personne différente de qui elle était avant. La personne adopte une "personnalité traumatique". Et cela peut interférer avec la vie professionnelle ou sentimentale de façon très négative. 

Plusieurs formes existent:

- aigu (Lorsque les symptômes persistent moins de trois mois).

- chronique (Lorsque les symptômes persistent trois mois ou plus).

- avec survenue différée (Lorsqu’au moins six mois se sont écoulés entre l’événement traumatique et le début des symptômes).

Le TSPT peut-être largement aggravé quand le traumatisme a été directement provoqué par une autre personne. Comme dans les cas de torture, viols, ou séquestration.

 

 

Des pistes pour s'en sortir :

- Une psychothérapie
- L'EMDR

- La thérapie cognitivo-comportementale

- Les thérapies de groupe.

- Les fleurs de Bach

 

 

Grâce aux travaux du Pr Crocq, le psychotraumatisme est reconnu comme une véritable maladie depuis 1992... Donc il est légitime de demander de l'aide, alors ne restez pas seul(e) face à cette terreur dévorante.

 

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19/03/2015
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"C'est impossible !"

Dire "J'ai été violée" n'est pas chose facile...
En générale quand vous débarquez avec cette phrase magnifique, les sourires se figent. Les regards deviennent fuyant ou se fixent sur le sol. Ou les yeux se remplissent d'un mélange de compassion/pitié. Sinon vous avez aussi les femmes qui s'imaginent à votre place et qui du coup réfléchissent, pendant que vous parlez, à ce qu'elles auraient fait elles... Mais, quand vous dites : "J'ai été violée par mon petit-ami/mari", là les regards changent radicalement...


La stupeur, l'incrédulité, le doute peuvent alors se lire sur les visages. Avec la première phrase qui tombe : "ça n'est pas possible !". Comment doit-on comprendre cela ? Ça n'est pas possible parce que ça semble vraiment horrible ? Ou, ça n'est possible sous-entendu "tu es une menteuse" ?
Curieusement, les agressions sexuelles sont les seules agressions physiques ou les victimes doivent constamment apporter des preuves de leur bonne foi. Pourquoi ?
Alors quand il s'agit de viol sur des nourrissons, c'est impossible à imaginer. Parce qu'on n'a pas envie de se retrouver dans la tête d'un tel malade capable d'une telle cruauté. C'est normal. Mais quand il s'agit de deux adultes vivant sous le même toit, ou tout du moins de deux adultes sensé être amoureux, c'est quoi le problème ?

Le problème ne se situerait-il pas dans le fait que nous sommes tous concerné par la notion de couple ? Nous souhaitons tous en garder une image rassurante. Et cela semble, apparemment, moins sordide un homme qui bat "simplement" sa femme, qu'un homme qui va l'a détruire avec ce qu'il est sensé représenter : l'amour et la sexualité... Seulement, ça n'est pas en vivant dans une sorte d'utopie de conte de fée que les drames ne se produisent pas ! Alors arrêtons de nous voiler la face.
Là ou tout cela devient choquant, c'est lorsque le corps médical se met lui aussi à nier ces faits...

 

J'ai eu en face de moi une psychologue, bien diplômée comme il fallait, qui a été capable de me dire "Non, c'est impossible". Qu'est-ce qui était impossible ? Que mon ex qui était follement jaloux de mon nouvel homme, se mette à me serrer la gorge et me dise "Tu cris et je t'explose" pour finir par m'enlever pantalon et culotte dans la foulée ? Ou qu'il me saute en me regardant droit dans les yeux alors que les larmes n'arrêtaient pas de couler ? Ou qu'il s'arrête en me disant "J'en ai assez de baiser un cadavre" ? Ou qu'il ajoute "Retourne voir ton connard et dit lui que je t'ai baisé. On verra s'il te garde après ça ! Mais je suis sûr que tu seras obligée de revenir à moi..." Qu'est-ce qui était "impossible" dans tout ça ? Parce qu'impossible ou non, ça a bien eu lieu.
Moi non plus, je ne pensais pas qu'un jour il me ferait subir cela. Oui, il avait déjà essayé de me frapper. Oui, il m'avait déjà insulté un nombre incalculable de fois. Oui, il m'avait déjà humiliée devant témoin. Mais je ne croyais pas que ça aurait pu aller aussi loin...

Il est déjà extrêmement difficile de comprendre soi-même ce qu'il a bien pu se passer. Comment notre histoire d'amour a pu sombrer dans une violence aussi insoutenable. Alors le doute n'est pas la réponse appropriée. Je peux faire la comparaison entre un viol commis par un inconnu et celui-ci. La violence physique a eu beau ne pas être la même (je m'en suis sorti sans bosses ou ecchymoses) mais pourtant la douleur a été bien pire. D'un point de vue psychologique, vous êtes complètement anéanti. Vous n'avez plus aucun repère amoureux.
À l'époque, je n'avais déjà plus de repères dans ma sexualité. Je n'arrivais plus à l'associer avec la personne que j'aimais. Je ne fonctionnais qu'aux sentiments. Après ça, je ne savais même plus ce que cela voulais dire que l'on soit "amoureux" de moi. Je n'avais plus aucune sécurité sentimentale. C'est cela qu'un homme qui se dit amoureux peut briser en vous...

Alors oui, il est impossible que votre petit-ami ou votre mari vous viole du jour au lendemain. Mais par contre, quand on est l'auditeur, il faut garder en tête que la personne vous raconte un moment T de sa vie. Attendez d'avoir ce qui englobe cet évènement avant de japper mécaniquement l'odieux "Ça n'est pas possible" !

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26/11/2014
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Le "mon" qui dérange.

 

    Régulièrement quand je lis des témoignages de victimes de viol, je peux lire : « mon violeur ». Ce ne sont que trois petites lettres. Un tout petit adjectif possessif pas bien méchant. 
Et pourtant, il n’est que la représentation de la chaîne à la patte que se met inconsciemment la victime…

Quand vous dites « mon hamster », « mon petit-ami » ou encore « mon sac à main » il se cache derrière un sentiment de fierté, un besoin de marquer son territoire, une limite entre ce qui m’appartient et le reste du monde. Et quelque chose qui nous appartient entraine un sentiment de réconfort. Nous sommes rassuré de posséder ce matériel. C’est une impression positive ! 
Hors, quand cet adjectif s’applique à un violeur, c’est à dire à un être qui vous a dépossédé de votre libre-arbitre de votre amour-propre, et de bien d’autres choses encore ; c’est tout bonnement révoltant ! 

Non, le violeur n’est pas une petite chose que vous chérissez !! Non, il n’est pas votre propriété. Il n’appartient en aucun cas à votre vie. Il est simplement l’intrus qui a fait irruption dans celle-ci. Est-ce que lorsqu’un voleur vous cambriole, vous mettez ensuite une petite plaque commémorative dans votre salon pour vous souvenir de lui ? Non, je ne pense pas. Alors pourquoi faire l’équivalent avec un violeur ? Pourquoi lui donner une importance qu’il ne mérite en aucun cas ? Evitons d’humaniser plus que nécessaire cet individu qui a méprisé votre propre humanité. Il ne doit pas faire partie de votre vie parce que vous lui donnez volontairement une place de choix ! Il a déjà forcé votre intimité. Alors ne lui laissez pas les clefs de votre âme. 
Le violeur doit être là uniquement parce que vous possédez une mémoire et que, malheureusement à présent, il en est un morceaux. Vous vous devez de laisser une distance de sécurité entre lui et votre être en reconstruction. On ne rebâtit pas un sanctuaire avec des ruines carbonisées…

N’acceptez plus non plus que se soit les autres qui vous parle de « ton violeur ». Il s’agit de votre histoire, de votre vécu, de votre tristesse. Point. Par contre, le violeur est une entité à part. Idem, certaines personnes ont d’un coup du mal à prononcer le mot « viol » face à vous. Dans ce cas, c’est à vous de savoir si il est trop difficile d’entendre ce mot ou si c’est seulement la personne face à vous qui n’arrive pas à le sortir… 
Pour ma part, je l’utilise sans complexe et je déteste quand on me dit « le truc qu’il t’ait arrivé ». Le viol est un crime, ne l’oublions pas ! Alors « le truc » c’est un peu trop léger à mon sens pour le définir ! Ça n’est pas parce que l’on donne la vraie définition aux choses qu’elles deviendrons plus affreuses ou plus insoutenables. Elles le sont déjà, alors autant ne pas minimiser les actes avec un vocabulaire inapproprié.

Votre corps vous appartient... Votre âme vous appartient... Votre bonheur vous appartient... Battez-vous pour ce qui vous appartient, et non pour ce qui vous ronge ! 

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12/11/2014
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