Viols-et-espoir

Viols-et-espoir

Les blessures qui ne se voient pas ou TSPT.

  Quand on a vécu un événement qui a menacé notre intégrité physique et/ou psychologique avec une impression de mort imminente, il est courant de développer des TSPT ou Troubles de stress post-traumatique. Il s'agit d'un état d'anxiété sévère qui semble ingérable. À ne pas confondre avec les petites angoisses du quotidien, bien évidemment ! Je tiens à le préciser car j'ai souvent entendu des personnes dire : "Bah oui, bah moi aussi je suis stressé, et je continu ma vie !". Ok ok, bien tant mieux j'ai envie d'te dire, ça fera un boulet de moins à devoir écouter geindre !! Plus sérieusement, il ne faut pas toujours tout ramener à soi et son propre vécu surtout quand celui-ci ne sort pas de l'ordinaire.

 

Ici nous parlons d'un stress bien particulier car il a été provoqué par un acte réel. La personne n'est pas en train d'anticiper ce qui peut éventuellement lui arriver... Elle fait simplement un lien entre ce qui lui est DÉJÀ arrivé et qui donc peut se REPRODUIRE ! La cause en est des évènements extrêmes qui provoquent donc un trouble réactionnel. Alors qu'est ce qui rentre dans la catégorie "évènements extrêmes" ?
 - Attentats

 - Bombardements

 - Accidents graves

 - Catastrophes naturelles

 - Violences physiques avec blessures graves
 - Viols
,...

Donc tout événements qui provoque une peur intense, un sentiment d'impuissance ou un sentiment d'horreur. Mais cela peut aussi toucher les témoins de l'accident qui s'est produit sur leur proche.

 

Quand il se passe de tels évènements la réaction se fait en 3 points :
 1) La réaction immédiate :

L'individu à peur. La respiration s'emballe, il est en sueur. Il y a une forte agitation ou au contraire une hébétude.
 2) Le temps de latence :

Immédiatement après, il ne se passe rien. Le cerveau tente d'oublier et/ou de rationaliser. On ne prend donc pas conscience que l'on vient de vivre une situation hors-norme. Le cerveau se refuse à vous faire subir quelque chose auquel vous n'êtes pas prêt.

 3) Le syndrome post-traumatique :

Là commence les hallucinations, les souvenirs forcés et autres... Certaines personnes vivent cela pendant des mois et d'autres leur vie entière.


Les symptômes du stress post-traumatiques sont :
 - Une diminution de la réactivité face au monde extérieur

Impression de cerveau "ralentit", on n'est plus aussi intéressé par nos passions. De même la personne peut ressentir l'impression d'être étrangère à elle-même ou aux autres. La perception de ses propres émotions est comme anesthésiée surtout en ce qui concerne l'intimité, la tendresse et la sexualité.


 - Des souvenirs ou des rêves répétitifs liés à l'évènement

Sorte de flas-back (ou reviviscence) qui vous font revivre le choc encore et toujours. Comme un film qui passerait devant vos yeux et qui se superpose à la réalité.


 - Une attitude d'évitement

Vous n'allez plus sur les lieux, vous fuyez les personnes en lien avec l'acte, vous ne voulez plus regarder les infos ou tout autres documents/films/livres qui pourrait évoquer une situation similaire.

 

 - Des symptômes anxieux persistants, de l'hyperéveil

Cela se voit généralement lors de "dates anniversaires", ou le fait d'être bloqué par le temps quand l'acte est arrivé en extérieur, ou une musique entendu au même moment,... Dans ces cas la personne va être soit très énervée, avoir un sentiment de haine, ou au contraire être complètement paralysée par la peur. Il s'agit aussi du fait de ne plus pouvoir s'endormir aussi facilement ou d'être réveillé par le moindre bruit. Il s'agit aussi du fait d'être aux aguets en permanence malgré l'absence de risques imminents.

 

 - Des troubles du comportements

Auto-mutilations, anorexie/boulimie, conduites à risques, alcoolisme, prise de drogues ou de médicaments. Le tout pouvant déboucher sur des pensées suicidaires avec passage à l'acte.

  - De la somatisation
D'un coup, les maux de têtes de ventre se font plus présent. Et/Ou des problèmes cutanés.

 

  - Sensibilité accrue

Aux remarques, aux plaisanteries. Souvent mal interprétés et ce de manière disproportionnée, elles poussent à pleurer ou se mettre en colère.

 

  - Altération des relations aux autres
Par peur du jugement ou simplement des gens, la personne s'éloigne et se coupe du monde. Mais aussi parce que le propre caractère de la personne à changé.

 

Le stress post-traumatique se caractérise surtout par sa durée : plus d'un mois...
Il intervient aussi quelques temps après l'évènement. De plus, cela handicape fortement la personne dans sa vie de tous les jours. Le manque de sommeil, les douleurs, l'impression de peur constante, le travail mental pour éviter d'avoir à être confronté à ses souvenirs rend la personne différente de qui elle était avant. La personne adopte une "personnalité traumatique". Et cela peut interférer avec la vie professionnelle ou sentimentale de façon très négative. 

Plusieurs formes existent:

- aigu (Lorsque les symptômes persistent moins de trois mois).

- chronique (Lorsque les symptômes persistent trois mois ou plus).

- avec survenue différée (Lorsqu’au moins six mois se sont écoulés entre l’événement traumatique et le début des symptômes).

Le TSPT peut-être largement aggravé quand le traumatisme a été directement provoqué par une autre personne. Comme dans les cas de torture, viols, ou séquestration.

 

 

Des pistes pour s'en sortir :

- Une psychothérapie
- L'EMDR

- La thérapie cognitivo-comportementale

- Les thérapies de groupe.

- Les fleurs de Bach

 

 

Grâce aux travaux du Pr Crocq, le psychotraumatisme est reconnu comme une véritable maladie depuis 1992... Donc il est légitime de demander de l'aide, alors ne restez pas seul(e) face à cette terreur dévorante.

 

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19/03/2015
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