Viols-et-espoir

Viols-et-espoir

One of those days...

  
   Ce qui est décevant avec les marques du passé, c’est qu’elles se rappellent à nous… Les blessures suintent plus ou moins régulièrement. Et pour aucune raison réellement valable. Ou alors tout se joue dans l’inconscient…

Alors le matin on veut se lever mais on a mal. Un mal inexplicable qui prend au corps et qui nous étouffe. Une sensation oppressante de peur et de dégoût de soi. Une impression d’être de trop. De ne pas savoir quoi faire de ce corps. Tout notre être nous donne envie de vomir. Parce qu’il nous a trahi. Parce qu’il ne nous appartient pas. Il ne nous appartient plus… Pourtant, parfois on avance. Des actes ou des personnes nous permettent de nous rapprocher timidement de lui, d’essayer de se reconnecter à lui. Mais c’est 3 pas en avant pour 10 en arrière… 
Aujourd’hui, mon corps est une cause perdu… 
Le pire, c’est que je sais que je vais passer pour superficielle. Parce que le physique ne fait pas tout. Mais c’est plus profond que ça. Si je n’aimais pas ma gueule, il ne s’agirait que d’une question de changement pour que ça aille mieux. Là c’est une hantise globale. Une haine forcenée contre mon essence. Contre ce qui m’anime. Contre ce qui fait qui je suis. J’ai l’impression d’habiter un corps qui n’est pas le mien. On m’a volé ma maison. On m’a détruit ce qui était sensé protéger mon âme. 



Le reflet dans le miroir est pire que tout. Je ne me plante pas devant en maugréant « Mais que je suis moche ! ». Non, je n’ai pas d’idée sur la question. J’ai simplement un corps inconnu face à moi. Un corps que je n’aime pas, parce que je ne vois pas le lien avec moi. Tant qu’à être là, je le regarde sous tous angles. Et rien ne va. Je ne vois aucune harmonie dans cet amas de graisses. C’est mou, c’est gros, mais il y a aussi des os qui dépassent… Et puis je pèse ce corps. Et là, c’est l’hécatombe… Là, à mes yeux, il devient affreux. Je n’ai jamais rien vus d’aussi moche, d’aussi détestable. Je n’ai même pas envie de pleurer, j’ai simplement une colère inouïe. Je voudrais faire crever ce corps dont je ne veux pas. Je voudrais lui faire du mal, pour qu’il comprenne à quel point je le déteste, qu’il ait honte de lui comme j’ai honte de moi-même… 

Je me trimballe avec mes idées noires, comme un cortège de pensées prêtes à m’assassiner. Je triture ma mémoire avec tout ce que j’ai vécu. Tout ce que j’ai subi. Tout ce que ce putain de corps à dû supporter sans même murmurer sa douleur… Parce que ça n’est pas classe de dire que l’on souffre. C’est montrer une faiblesse que je ne saurais tolérer ! Et pourtant, ici je dégueule le surplus de pue qui m’étouffe. Parce qu’ici personne ne se sens obligé de me prendre, moi et mon corps dégueulasse, dans ses bras. Parce que dans le fond, je ne veux pas de compassion. Je ne veux même pas être comprise. Surement par peur de me rendre compte que personne ne le pourrait réellement…



Parfois, souvent, on reproche aux femmes violées la façon qu’elles ont d’essayer de dépasser leur douleur. Elle a été violée, et pourtant elle se tape une tripoté de mecs maintenant. Et oui… Mais pourquoi ? Parce que lorsque vous avez été habitué à la violence, c’est quelque chose que vous comprenez. Vous savez gérer face à ça ! Et avoir plein d’hommes qui vous passent dessus en étant préoccupés que de votre trou, ça au moins vous connaissez ! Alors qu’un homme qui va tenter de vous insuffler sa tendresse et son amour, c’est trop. Ça fait un mal de chien. Et de toute façon, vous ne le méritez pas. Et vous avez la sensation que vous allez le salir. Vous et votre corps à vomir… 
Récemment j’ai fait un questionnaire à la con sur Fb pour savoir si mes amis me connaissent. À la question « Croyez-vous au grand amour ? », j’ai répondu « non ». Peut-être qu’avant, quand j’étais très jeune et encore pleine d’illusions débiles j’y croyais. Mais maintenant… Maintenant, j’ai l’impression d’être complètement usée et désabusée malgré ma gueule juvénile et ma propension à prendre la vie du bon côté. Alors non, je ne crois pas au grand amour. La seule chose à laquelle j’aspire c’est un homme compréhensif qui me respecte. Rien de plus… 




Je ne sais pas si un jour, je serais ma propre amie. Mais si je pouvais cesser d’être mon ennemie, ça serait déjà bien…


Capture d’écran 2016-02-20 à 16.20.49.png



20/02/2016
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 7 autres membres