Viols-et-espoir

Viols-et-espoir

La futilité pour vivre...

  En ce moment je me bat pour vivre... Pour être une femme qui existe pour et par elle-même. Mais le chemin n'est pas forcément simple. Et parfois j'ai des ratés...

Je fais une cure thermale pour le stress et les troubles post-traumatique. Alors, on pourrait se penser que barboter dans l'eau pendant plusieurs heures, ça n'a rien de bien compliquer. Cependant, le but de tout ça est de détendre vos muscles, évacuer vos tensions. Seulement qui dit détente dit aussi lâcher-prise. Et c'est lors de ce fameux lâcher-prise que les pensées ingérées remontent à la surface. Les souvenirs, les flash-back, les douleurs morales et physiques. Et c'est là qu'il faut apprendre, non à les refourguer dans un coin sombre de votre cerveau, mais à les faire sortir pour de vrai de votre corps et votre âme.
Mais quand cette "sortie" se fait, on se sent sale. A nouveau...
Je ne compte plus le nombres d'heures que j'ai pu passer dans des salle-de-bains depuis maintenant 14 longues années. Le budget pharaonique "gel douche" que je me suis octroyée. Le nombre de bouteilles de parfum qui s'entassent partout dans ma chambre. La quantité effroyable de produits de maquillage que je stocke comme s'il y allait y avoir la guerre.

J'avais réussi à revenir à une certaine "normalité" d'utilité de ces produits... Mais là, avec tout ce que j'ai à gérer, je n'ai pas pu.
Il y a un jour ou je me suis littéralement sauvée des thermes en courant dans la nuit. J'ai couru et je suis arrivée en face d'une savonnerie... Momentanément, je me suis ressaisie. Et j'ai acheté 10 flacons de gels douche... Et je suis repartie courir à travers la ville sans but précis. Je me suis perdue dans des ruelles obscures. J'ai failli tomber dans un lac. J'étais seule et affolée avec 10 gels douche qui pesaient une tonne dans mon sac. Et je me sentais coupable. D'ailleurs, j'ai communiqué avec deux personnes très proches de moi. Deux personnes qui je sais, ne me jugeront pas. Et pourtant, je n'ai pas osée avouer ce que je cachais dans mon sac. J'ai eu honte...

Je n'ai pas réussi à avouer non plus, qu'avant les soins on a pas le droit de se maquiller et de se parfumer. Pour moi c'est l'horreur. Devoir me balader dans la rue sans un seul gramme de maquillage sur la figure, c'est pire que de devoir sortir nue. J'ai la sensation d'être vulnérable. De n'être personne. De n'avoir aucune consistance. Il n'y a que mes longs cheveux qui sont là pour me protéger en partie de la cruauté que je ressens flotter partout autour de moi. C'est un bien maigre cache-misère...

On m'a dit hier que j'étais la joie de vivre incarnée... Oui, face aux gens... Face à mon âme aussi. Face à mon corps, je ne vois qu'une déchéance absolue. Un corps que je vois couvert de blessures. Personne n'a jamais vus mes marques de coups, mes bleus, mes traces de doigts autour du cou, mes brûlures dû au crépis du mur, mes cloques puis brûlures de cigarettes... J'ai toujours bien pris soin de les cacher amoureusement. Sous une tonne de maquillage. Sous des vêtements trop grands. Sous des mitaines.

Alors je continus de cacher... Cacher le rien. Cacher le vide.
Oui, le maquillage n'est qu'un artifice. Oui le parfum c'est superficiel.
Mais j'ai besoin d'être superficielle pour exister... Même si je ne l'avoue pas...




26/11/2015
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