Viols-et-espoir

Viols-et-espoir

L'incompréhension qui se noit dans le sang

   La grosse difficulté dans les histoires de viols et d'agressions c'est de se retrouver confronté au regard et aux jugements de "l'autre". Qui que puisse être l'autre. Parents, proches ou médecins... Car on peut avoir tendance à oublier que le corps médical est simplement composé d'humains sommes toute banals, là plupart du temps. Et là, la claque peut-être magistrale... Hier je me suis, à nouveau, trouvé face à un mur d'incompréhension et de jugement...

Je suis partis pour faire une cure dite "psychosomatique" pour traiter toutes les affections qui pourraient être liées à un traumatisme :


    • états dépressifs réactionnels ou névrotiques,

    • états anxieux avec troubles somatiques variés,

    • dystonie neurovégétative d’expression cardio-vasculaire

      (palpitations), digestive (dyskinésie, colites spasmodiques),

      ostéo-articulaire et musculaire,

    • troubles du sommeil.


La victimologue que j'avais consulté passé à un temps, avait pensé que ça pourrait au moins m'aider. Donc 3 ans plus tard, je me suis décidée à enfin l'écouter. Seulement le médecin de la cure n'a pas vraiment l'air de penser la même chose. En fait, je me suis même fait l'impression d'être une touriste venue faire un petit séjour vacance au frais de la princesse. J'ai eu beau lui expliquer tous mes symptômes à base de : douleurs rhumatismales, intestins qui "fonctionnent" en permanence, sang qui se débine de partout, sommeil plus que perturbé et surtout viol... Rien y à fait.
Elle m'a demandé si j'avais des problèmes intestinaux (lol), si je dormais bien (re lol), et si j'avais mal (méga lol). Mais surtout elle a terminé en apothéose :

 

                                                        "Vous avez été violée ? Ah... Bien à un moment donné il faut savoir oublier et passer à autre chose, hein !"

 

Elle m'a vus 5 minutes, elle ne sait pas comment je drive ma vie, mais à première vue, j'ai l'air de me porter plutôt bien alors je ne suis pas malade. Par contre, il faut que "je passe à autre chose". Donc, un viol chez cette femme, c'est un peu l'équivalent de se péter un ongle ou de se faire larguer par son petit copain quand on à 10 quoi ! Alors que quelqu'un de "lambda" vous sorte un truc pareil, ça fait déjà mal mais on peut mettre ça sur le fait que la personne ne sait pas bien comment réagir. Ou qu'elle n'a pas fait d'études et qu'elle est un peu brute de décoffrage. Ou que le sujet la gêne... Mais un médecin... Venant d'un médecin c'est intolérable, violent, méprisant, choquant et surtout culpabilisant.
Maintenant j'ai l'habitude d'avoir l'impression de me faire traiter comme une merde par les médecins incompétents et indélicats. Mais, je me suis tout de même changé en statut de sel... Pour éviter de me décomposer face à elle et de me mettre à pleurer. Parce que les larmes étaient à deux doigts de sortir. Mais non, il était hors de question que je m'effondre face à tant d'indifférence. Face à ce que je considère être de la cruauté.
Alors discrètement, sous son bureau, je me suis planté les ongles dans le bras et j'ai arraché un bout de peau. La douleur m'a tétanisée le cerveau et j'ai pu répondre avec un grand sourire :"Oui, il faut avancer convenablement dans la vie, sans les entraves du passé, quel quelles soient."

Faire bonne figure, qu'est-ce que je pro dans le domaine ! Mais maintenant, dans ce putain de lit qui n'est pas le mien, face à mon petit ours en peluche porte-bonheur, je peux laisser aller mon flot continu de douleur. Douleur d'avoir l'impression de faire une cure thermale que visiblement, je ne mérite pas. Douleur de me battre depuis maintenant plus de 13 ans pour ne pas être le cadavre éclaté 7 étages en bas de chez moi, que j'ai souvent rêvé d'être. Il me faut donc oublier d'avoir été battue, d'avoir été étranglée, d'avoir été massacrée. Ok... Easy !
J'ai la haine... Cela faisait un moment que j'avais réussit à ne pas me démolir l'intérieur des bras pour déplacer une douleur trop grande. Et là il faut que j'aille voir un médecin pour retomber dans ce mécanisme malsain...

  Mon ours me regarde avec l'air de me dire "Vas-y pleure". Mais non putain, ça c'est le dernier rempart de ma dignité ! Le goût de ma douleur mélangé à mon sang est plus gérable...

 

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10/05/2015
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