Viols-et-espoir

Viols-et-espoir

L'envie, un bien vaste programme

 

  Depuis le 10 septembre, cela fait 12 ans... Non, je ne stigmatise pas ce genre de date anniversaire. C'est juste mon corps qui tient à se souvenir.

Du jour au lendemain, je me retrouve avec une sorte de chape de plomb sur la tête et autour des poumons. Je me sens mal, agressée par tout et surtout cette sensation de ne rien avoir envie de faire est pesante. C'est un peu comme si d'un seul coup, je me mettais dans une sorte d'attente de ma mort. Alors, là, je me met à fantasmer que peut-être demain, je serais enfin morte. Peut-être que du coup, enfin, je saurais ce que c'est que de ne plus être rongée par l'inquiétude. Je voudrais tellement ressentir une seule fois, pendant une toute petite minute comment c'était avant... Comment c'était de ne PAS savoir ce que la vraie douleur voulait dire.

Avant, ça voulait dire avoir le courage mais, surtout l'ENVIE de se battre. Maintenant, quand je fais front aux choses, c'est juste pour arrêter de souffrir. ça n'est même pas pour rétablir une vérité ou pour avoir la joie de sortir vainqueur. Non, c'est juste parce que je ne sais pas combien de temps je pourrais faire face sans m'effondrer. Je ne sais pas combien de petits cœurs il me reste avant le GAME-OVER.  Aussi courageux que l'on soit, on ne peux pas se battre continuellement comme ça. ça n'est pas possible. Je suis tellement usée à présent... Et le pire, c'est que mon entourage ne s'en rend même pas compte. Pour eux se sont juste de petites emmerdes dans la vie. Eux ça les fait chier 30 secondes et puis quand c'est régler, bien c'est fini, on en parle plus.

Pour moi, ça n'est pas pareil. Mon corps et toute mon âme ne sont qu'une plaie béante perpétuellement ouverte. Alors, toutes les attaques, toutes les insultes, toutes les injustices qui s'accumulent, ne sont que des poignards qui continuent d'enlever des bouts de mon âme. Ce qui est parti ne "repousse" jamais. Pourquoi ne veulent-ils pas le comprendre ? Que faut-il que je fasse, que je me trimballe avec un panneau : "Faites gaffe, en cours de décomposition avancé ?".
Quand on a l'air d'une victime permanente, ça saoule les gens. On voit leur pensée à base de : il faudrait qu'elle se secoue au lieu de ressasser. Ok, c'est grave son truc, mais bon en faisant des efforts on s'en sort. C'est qui le "on" déjà ? Ils sont concernés eux peut-être ???  Mais, par contre, si on fait tout pour montrer que l'on est un humain "normal" sans passé, alors là, ils l'oublient ce passé en question, et ne se gênent pas pour vous faire souffrir plus que nécessaire.
ça me déprime de savoir que je ne me sentirais jamais protégé par rien. La douleur est tellement grande de réaliser que plus jamais je ne saurais ce que c'est que le sentiment de parfaite quiétude. On m'a fait bien trop de mal, pendant trop d'années pour que maintenant je puisse remonter... Je ne dis pas tout ça parce qu'a présent je suis vraiment déprimée, non, je le pensais avant. Même quand je me trimballe avec un sourire qui me coupe la gueule en deux, même quand je ris comme une dinde à gorge déployée, je sais...

Je sais que plus jamais, je ne saurais ce que le mot "sécurité" veut dire...


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28/10/2013
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