Viols-et-espoir

Viols-et-espoir

Je ne suis pas moche... Je suis tout simplement laide.


    J’ai déjà plusieurs fois parlé du corps, des problèmes que l’on a à vivre avec après… 



Le mien c’est mon boulet. Pourtant, je ne vais pas jouer les hypocrites : je le sais que je suis belle. Ou plus exactement, je sais que les AUTRES me trouvent belle. Et j’en joue souvent. Pourquoi ? Pas pour faire ma petite vaniteuse, non. Pas non plus pour que l’on m’aime encore plus (je ne suis pas suffisamment déphasée pour confondre un fort attrait physique avec de l’amour). Alors pourquoi ? 


En fait, c’est pour avoir l’impression de vivre… Les autres aiment mon corps à ma place. Parce que moi, je lui voue une haine forcenée. Alors oui, j’écoute et ça me fait plaisir que l’on me dise que je suis belle. Parce que comme pour n’importe qui, ça me plait de plaire ! Mais ça n’est pas pour autant que cela change ma propre vision de moi-même. Dès que j’ai dépassé le pas de ma porte ou que je ne suis plus sous le regard d’autrui, tout retombe comme un vulgaire soufflé au fromage. Je me vois dans un miroir et là, mes yeux et ma conscience s’ouvrent pour de vrai… 
Je suis laide. Je ne suis qu’un tas informe de chaire. Une sorte de montagne de viande avariée. 
En plus dès que je suis stressée, mon taux de cortisol augmente. Et comme beaucoup d’hormones, ça fait grossir. Beaucoup grossir…
En 15 jours là, j’ai pris 10 kilos. Je peux vous le dire à vous : je pèse aujourd’hui 70 kilos… Riens que d’écrire ce chiffre immonde j’ai envie de pleurer… Mais s’il n’y avait que ce nombre… Non, il y a le miroir. Le miroir qui me renvois un ventre dégueulasse. Le miroir qui me montre mon cul immense comme un porte-avion. Ça c’est certain que je ne risque pas de me louper quand je m’assoie dessus ! Mes joues qui se sont arrondies comme si j’étais un hamster qui préparait ses provisions pour l’hiver. En gros, je ne ressemble à rien… Ou à un gros tas informe. Ou à un pop corn. En tout cas, rien qui ressemble à une femme. Une femme belle et désirable…
D'ailleurs, lors du premier viol, le mec m'avait que j'étais "magnifiquement mince". Et qu'une femme mince c'est ce qu'il y avait de plus beau... S'il voyait le boudin monstrueux que je suis devenue aujourd'hui... Au moins là, il ne risquerait pas de me toucher...

À chaque fois que j’ai eu un pauvre mec qui avait perdu la raison, et qui du coup voulait se mettre en couple avec moi, j’ai toujours douté. Que pouvait bien me trouver ce pauvre homme ? Comment pouvait-il avoir envie de me voir nue ? J’ai toujours l’impression que l’homme qui « sort avec moi » ou me saute, se sacrifie. Que c’est uniquement pour me « faire plaisir » et qu’il fait sa B.A de l’année. 

Aujourd’hui j’ai honte… La simple idée que l’on puisse poser ses mains sur moi, et que l’on puisse sentir tous mes bourrelets me glace d’effrois. Souvent la question ne se pose pas : cela fait longtemps que j’ai cessé de me mettre dans des situations ou je ne « risques » pas de coucher avec quelqu’un. Bien sûr il m’est arrivée de faire des exceptions. Et là, il y'a un savant mélange qui se forme dans ma tête… Mélange entre mon angoisse de dégouter le mec et mélange de ma figure qui ne laisse rien transparaitre de ce qui se déroule comme pensées dans ma tête. 
Parfois mon cerveau se met sur OFF et me permet de ne vivre que l’instant présent sans me préoccuper de tous mes complexes. Mais là, quand je suis dans une période comme celle-ci, ça m'est impossible. Rien n’est naturel. Le simple fait de faire la bise à quelqu’un me fait monter de l’angoisse. Même quand il s’agit de quelqu’un de proche ou quelqu’un que j’aime. Je m’attends à chaque instant au regard dégouté qui pourrait me tomber dessus… Mais j’enfouis ma peur et je me contrôle…



J’ai peur du jour ou je n’arriverais pas à me contrôler. J’ai peur du jour ou les gens verront ce que moi, je vois…
En attendant, j'ai besoin boulimiquement d'avoir des mains sur moi. J'ai besoin des regards emplis de désir même si j'ai l'impression qu'il est impossible que se soit moi qui les provoque. J'ai besoin qu'on me fasse l'amour. Mais pour une fois, je n'accepterais pas que se soit n'importe qui qui me le fasse...



Dessin réalisé par moi-même. "Véracité tangente"...
Véracité tangeante.jpeg




18/11/2015
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