Viols-et-espoir

Viols-et-espoir

Le "moi" en construction


Le "mon" qui dérange.

 

    Régulièrement quand je lis des témoignages de victimes de viol, je peux lire : « mon violeur ». Ce ne sont que trois petites lettres. Un tout petit adjectif possessif pas bien méchant. 
Et pourtant, il n’est que la représentation de la chaîne à la patte que se met inconsciemment la victime…

Quand vous dites « mon hamster », « mon petit-ami » ou encore « mon sac à main » il se cache derrière un sentiment de fierté, un besoin de marquer son territoire, une limite entre ce qui m’appartient et le reste du monde. Et quelque chose qui nous appartient entraine un sentiment de réconfort. Nous sommes rassuré de posséder ce matériel. C’est une impression positive ! 
Hors, quand cet adjectif s’applique à un violeur, c’est à dire à un être qui vous a dépossédé de votre libre-arbitre de votre amour-propre, et de bien d’autres choses encore ; c’est tout bonnement révoltant ! 

Non, le violeur n’est pas une petite chose que vous chérissez !! Non, il n’est pas votre propriété. Il n’appartient en aucun cas à votre vie. Il est simplement l’intrus qui a fait irruption dans celle-ci. Est-ce que lorsqu’un voleur vous cambriole, vous mettez ensuite une petite plaque commémorative dans votre salon pour vous souvenir de lui ? Non, je ne pense pas. Alors pourquoi faire l’équivalent avec un violeur ? Pourquoi lui donner une importance qu’il ne mérite en aucun cas ? Evitons d’humaniser plus que nécessaire cet individu qui a méprisé votre propre humanité. Il ne doit pas faire partie de votre vie parce que vous lui donnez volontairement une place de choix ! Il a déjà forcé votre intimité. Alors ne lui laissez pas les clefs de votre âme. 
Le violeur doit être là uniquement parce que vous possédez une mémoire et que, malheureusement à présent, il en est un morceaux. Vous vous devez de laisser une distance de sécurité entre lui et votre être en reconstruction. On ne rebâtit pas un sanctuaire avec des ruines carbonisées…

N’acceptez plus non plus que se soit les autres qui vous parle de « ton violeur ». Il s’agit de votre histoire, de votre vécu, de votre tristesse. Point. Par contre, le violeur est une entité à part. Idem, certaines personnes ont d’un coup du mal à prononcer le mot « viol » face à vous. Dans ce cas, c’est à vous de savoir si il est trop difficile d’entendre ce mot ou si c’est seulement la personne face à vous qui n’arrive pas à le sortir… 
Pour ma part, je l’utilise sans complexe et je déteste quand on me dit « le truc qu’il t’ait arrivé ». Le viol est un crime, ne l’oublions pas ! Alors « le truc » c’est un peu trop léger à mon sens pour le définir ! Ça n’est pas parce que l’on donne la vraie définition aux choses qu’elles deviendrons plus affreuses ou plus insoutenables. Elles le sont déjà, alors autant ne pas minimiser les actes avec un vocabulaire inapproprié.

Votre corps vous appartient... Votre âme vous appartient... Votre bonheur vous appartient... Battez-vous pour ce qui vous appartient, et non pour ce qui vous ronge ! 

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12/11/2014
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