Viols-et-espoir

Viols-et-espoir

Devenir une Bulle d'Acide

Mon histoire comme ça, simplement.


Cette nuit, je suis morte une nouvelle fois.


 Cette nuit, j’ai été témoin d’une tentative de viol…

Comment vous expliquer ? Quand on a été violée soit-même, il y a des choses auxquelles on pense et qu’on aurait jamais pensé avant. Mais je dois bien avouer que, de voir le viol d’une autre femme ne faisait pas parti de mon panel des possibles. 



J’ai été réveillée en sursaut par des cris. Une sorte de brouhaha incompréhensible. Je ne me suis pas inquiété plus que nécessaire. Il n’est pas rare d’avoir des embrouilles entre jeunes alcoolisés en bas de chez moi. Bon, ça n’arrive pas tous les jours non plus : 3 ou 4 fois en 30 que j’habite ici. Mais d’un coup, il y a eu un cri de femme. C’est cela qui m’a tiré de mon lit pour aller jusqu’au balcon. Je n’ai pas vus ce qu’il se passait si se n’est une masse compact de quelques hommes qui encerclait la voix féminine. Elle criait qu’on la laisse tranquille, qu’on ne l’a frappe pas. Jusqu’au moment ou ces cris se sont transformés en hurlements, caractéristiques, sous le coup de la douleur. 
Des lumières se sont allumées au premier étage. Des voisins sont arrivés en courant dans le parking, ont chassés les mecs et on emmené la jeune femme pliée en deux et hurlante. Happy end, je suis rassurée et retourne me coucher.



Non, là je mens pour me rassurer… 

Comment vous expliquer à quel point aujourd’hui, je suis détruite ? Comment arriver à dépasser ma honte pour mettre en mots ma sensation d’avoir eu le coeur réduit en miettes ? Comment vous avouer que ça n’est pas moi la victime, mais que pourtant, cette nuit, j’ai le sentiment d’avoir été violée à nouveau ?



Il y a un viol dont je ne me souviens toujours pas… La tournante. Je sais que c’est arrivé, mais je suis incapable de me souvenir de ce qu’il s’est passé. J’ai comme un gros trou noir. Trou noir qui me fait peur car je ne sais pas ce qu’il va en ressortir un jour ou l’autre. Et là, cette nuit, sur mon balcon, à travers les hurlements de cette femme, j’ai eu des flashs de mon agression. Je suis resté tétanisé. Les hurlements d’une femme que l’on tente de violer ont vraiment une résonance particulière. J’ai reconnu les miens à travers les siens. Le son était le même, la teneur des phrases était la même. Le son des coups qui pleuvent… 

J’ai mis des années à réussir à les sortir de ma tête et ils sont à nouveau là, ancrés en filigrane.


Je me suis barricadé dans ma chambre pour avoir un semblant de protection. Et mon cerveau m’a lâché… Je suis redevenu le petit animal blessé et traqué que j’ai été. Mon sentiment d’insécurité est à son paroxysme. Je suis terrorisée à la simple idée d’ouvrir mes volets, de devoir voir ma propre mère et de « devoir » lui faire un bisou pour lui dire bonjour. J’aimerais simplement pouvoir rester, là, coincé et caché derrière mes meubles. Rester là roulé en boule avec ma souffrance et ma peur. Rester à hurler silencieusement. Rester et mourir, le coeur écrasé par les réminiscences. Rester avec les larmes qui coulent toute seule sur mes joues depuis des heures. Rester avec mes crises de paniques qui se succèdent depuis des heures. 



Mon coeur et mon âme sont en train de mourir.



Cette nuit, j’ai été violée. À nouveau. Puisque je me suis souvenue…



Cette nuit, je suis redevenue une victime.

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22/07/2016
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I'm lost in my mind


  Il y a des jours, voir des semaines, on vous êtes étranger à vous-même. Une nouvelle, une échéance, une parole échangée, une conversation raté et c’est la chute inexorable dans le néant. Votre néant…




Écrire, et le publier de manière publique, c’est une sorte d’appel au secours. Une façon de dire que l’on ne va pas bien sans en parler directement. Sans devoir utiliser des mots concrets pour expliquer. Et surtout ne rien attendre en particulier de personne. Une sorte de sursaut de l’égo pour se dire qu’on ne va pas crever comme ça, seule, sans au moins avoir le regard curieux d’un péquenaud sur nous. 
Je suis tiraillée entre cette envie de continuer à faire semblant, d’envoyer du rose, des paillettes, des chatons et des conneries histoire de faire genre que ma petite vie à la con continue sans heurts; mais en même temps, la fatigue et le ras le bol hurlent « À quoi bon ? ». 
Pourquoi je fais ça ? Parce qu’on est désappointé face à quelqu’un qui chiale ? Parce qu’on aime tout bonnement pas ça ? Parce que les gens ont leur propres emmerdes et donc, autre chose à faire ? Parce que j’ai envie de sauver les apparences ? Mais quelles apparences ? Ou plus prosaïquement, parce que je n’ai pas envie qu’on me pose de questions…



J’ai envie de m’enterrer avec ma douleur et mes souffrances qui me dépassent. Je ne supporterais les solutions micro-ondables pour aller mieux. Les « Tu as fais ci ou ça ? », « Tu devrais… », ou l’habituel « Tu n’as pas d’autres choix que d’avancer ! ». On a toujours le choix… Je refuse d’être incomprise une fois de plus… Devoir se justifier, légitimer sa souffrance pour avoir l'impression d'avoir le droit de la vivre pleinement. J'ai envie de ne pas avoir à culpabiliser que les gens ne puissent rien faire pour m'aider, si jamais ils leur venaient l'idée d'avoir envie de m'aider. Je veux pouvoir me laisser le temps et le droit d'aller mal. 
Je veux simplement me foutre en boule dans un coin de ma chambre. Me protéger de toutes les aiguilles extérieurs qui me transpercent de toutes part. M’endormir au milieu de mon univers rassurant et croire, qu’un jour, j’aurais enfin une vie qui ressemblera à quelque chose…

En attendant, je vais peut-être essayer d'arrêter de faire semblant…

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05/06/2016
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One of those days...

  
   Ce qui est décevant avec les marques du passé, c’est qu’elles se rappellent à nous… Les blessures suintent plus ou moins régulièrement. Et pour aucune raison réellement valable. Ou alors tout se joue dans l’inconscient…

Alors le matin on veut se lever mais on a mal. Un mal inexplicable qui prend au corps et qui nous étouffe. Une sensation oppressante de peur et de dégoût de soi. Une impression d’être de trop. De ne pas savoir quoi faire de ce corps. Tout notre être nous donne envie de vomir. Parce qu’il nous a trahi. Parce qu’il ne nous appartient pas. Il ne nous appartient plus… Pourtant, parfois on avance. Des actes ou des personnes nous permettent de nous rapprocher timidement de lui, d’essayer de se reconnecter à lui. Mais c’est 3 pas en avant pour 10 en arrière… 
Aujourd’hui, mon corps est une cause perdu… 
Le pire, c’est que je sais que je vais passer pour superficielle. Parce que le physique ne fait pas tout. Mais c’est plus profond que ça. Si je n’aimais pas ma gueule, il ne s’agirait que d’une question de changement pour que ça aille mieux. Là c’est une hantise globale. Une haine forcenée contre mon essence. Contre ce qui m’anime. Contre ce qui fait qui je suis. J’ai l’impression d’habiter un corps qui n’est pas le mien. On m’a volé ma maison. On m’a détruit ce qui était sensé protéger mon âme. 



Le reflet dans le miroir est pire que tout. Je ne me plante pas devant en maugréant « Mais que je suis moche ! ». Non, je n’ai pas d’idée sur la question. J’ai simplement un corps inconnu face à moi. Un corps que je n’aime pas, parce que je ne vois pas le lien avec moi. Tant qu’à être là, je le regarde sous tous angles. Et rien ne va. Je ne vois aucune harmonie dans cet amas de graisses. C’est mou, c’est gros, mais il y a aussi des os qui dépassent… Et puis je pèse ce corps. Et là, c’est l’hécatombe… Là, à mes yeux, il devient affreux. Je n’ai jamais rien vus d’aussi moche, d’aussi détestable. Je n’ai même pas envie de pleurer, j’ai simplement une colère inouïe. Je voudrais faire crever ce corps dont je ne veux pas. Je voudrais lui faire du mal, pour qu’il comprenne à quel point je le déteste, qu’il ait honte de lui comme j’ai honte de moi-même… 

Je me trimballe avec mes idées noires, comme un cortège de pensées prêtes à m’assassiner. Je triture ma mémoire avec tout ce que j’ai vécu. Tout ce que j’ai subi. Tout ce que ce putain de corps à dû supporter sans même murmurer sa douleur… Parce que ça n’est pas classe de dire que l’on souffre. C’est montrer une faiblesse que je ne saurais tolérer ! Et pourtant, ici je dégueule le surplus de pue qui m’étouffe. Parce qu’ici personne ne se sens obligé de me prendre, moi et mon corps dégueulasse, dans ses bras. Parce que dans le fond, je ne veux pas de compassion. Je ne veux même pas être comprise. Surement par peur de me rendre compte que personne ne le pourrait réellement…



Parfois, souvent, on reproche aux femmes violées la façon qu’elles ont d’essayer de dépasser leur douleur. Elle a été violée, et pourtant elle se tape une tripoté de mecs maintenant. Et oui… Mais pourquoi ? Parce que lorsque vous avez été habitué à la violence, c’est quelque chose que vous comprenez. Vous savez gérer face à ça ! Et avoir plein d’hommes qui vous passent dessus en étant préoccupés que de votre trou, ça au moins vous connaissez ! Alors qu’un homme qui va tenter de vous insuffler sa tendresse et son amour, c’est trop. Ça fait un mal de chien. Et de toute façon, vous ne le méritez pas. Et vous avez la sensation que vous allez le salir. Vous et votre corps à vomir… 
Récemment j’ai fait un questionnaire à la con sur Fb pour savoir si mes amis me connaissent. À la question « Croyez-vous au grand amour ? », j’ai répondu « non ». Peut-être qu’avant, quand j’étais très jeune et encore pleine d’illusions débiles j’y croyais. Mais maintenant… Maintenant, j’ai l’impression d’être complètement usée et désabusée malgré ma gueule juvénile et ma propension à prendre la vie du bon côté. Alors non, je ne crois pas au grand amour. La seule chose à laquelle j’aspire c’est un homme compréhensif qui me respecte. Rien de plus… 




Je ne sais pas si un jour, je serais ma propre amie. Mais si je pouvais cesser d’être mon ennemie, ça serait déjà bien…


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20/02/2016
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La futilité pour vivre...

  En ce moment je me bat pour vivre... Pour être une femme qui existe pour et par elle-même. Mais le chemin n'est pas forcément simple. Et parfois j'ai des ratés...

Je fais une cure thermale pour le stress et les troubles post-traumatique. Alors, on pourrait se penser que barboter dans l'eau pendant plusieurs heures, ça n'a rien de bien compliquer. Cependant, le but de tout ça est de détendre vos muscles, évacuer vos tensions. Seulement qui dit détente dit aussi lâcher-prise. Et c'est lors de ce fameux lâcher-prise que les pensées ingérées remontent à la surface. Les souvenirs, les flash-back, les douleurs morales et physiques. Et c'est là qu'il faut apprendre, non à les refourguer dans un coin sombre de votre cerveau, mais à les faire sortir pour de vrai de votre corps et votre âme.
Mais quand cette "sortie" se fait, on se sent sale. A nouveau...
Je ne compte plus le nombres d'heures que j'ai pu passer dans des salle-de-bains depuis maintenant 14 longues années. Le budget pharaonique "gel douche" que je me suis octroyée. Le nombre de bouteilles de parfum qui s'entassent partout dans ma chambre. La quantité effroyable de produits de maquillage que je stocke comme s'il y allait y avoir la guerre.

J'avais réussi à revenir à une certaine "normalité" d'utilité de ces produits... Mais là, avec tout ce que j'ai à gérer, je n'ai pas pu.
Il y a un jour ou je me suis littéralement sauvée des thermes en courant dans la nuit. J'ai couru et je suis arrivée en face d'une savonnerie... Momentanément, je me suis ressaisie. Et j'ai acheté 10 flacons de gels douche... Et je suis repartie courir à travers la ville sans but précis. Je me suis perdue dans des ruelles obscures. J'ai failli tomber dans un lac. J'étais seule et affolée avec 10 gels douche qui pesaient une tonne dans mon sac. Et je me sentais coupable. D'ailleurs, j'ai communiqué avec deux personnes très proches de moi. Deux personnes qui je sais, ne me jugeront pas. Et pourtant, je n'ai pas osée avouer ce que je cachais dans mon sac. J'ai eu honte...

Je n'ai pas réussi à avouer non plus, qu'avant les soins on a pas le droit de se maquiller et de se parfumer. Pour moi c'est l'horreur. Devoir me balader dans la rue sans un seul gramme de maquillage sur la figure, c'est pire que de devoir sortir nue. J'ai la sensation d'être vulnérable. De n'être personne. De n'avoir aucune consistance. Il n'y a que mes longs cheveux qui sont là pour me protéger en partie de la cruauté que je ressens flotter partout autour de moi. C'est un bien maigre cache-misère...

On m'a dit hier que j'étais la joie de vivre incarnée... Oui, face aux gens... Face à mon âme aussi. Face à mon corps, je ne vois qu'une déchéance absolue. Un corps que je vois couvert de blessures. Personne n'a jamais vus mes marques de coups, mes bleus, mes traces de doigts autour du cou, mes brûlures dû au crépis du mur, mes cloques puis brûlures de cigarettes... J'ai toujours bien pris soin de les cacher amoureusement. Sous une tonne de maquillage. Sous des vêtements trop grands. Sous des mitaines.

Alors je continus de cacher... Cacher le rien. Cacher le vide.
Oui, le maquillage n'est qu'un artifice. Oui le parfum c'est superficiel.
Mais j'ai besoin d'être superficielle pour exister... Même si je ne l'avoue pas...



26/11/2015
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Je ne suis pas moche... Je suis tout simplement laide.


    J’ai déjà plusieurs fois parlé du corps, des problèmes que l’on a à vivre avec après… 



Le mien c’est mon boulet. Pourtant, je ne vais pas jouer les hypocrites : je le sais que je suis belle. Ou plus exactement, je sais que les AUTRES me trouvent belle. Et j’en joue souvent. Pourquoi ? Pas pour faire ma petite vaniteuse, non. Pas non plus pour que l’on m’aime encore plus (je ne suis pas suffisamment déphasée pour confondre un fort attrait physique avec de l’amour). Alors pourquoi ? 


En fait, c’est pour avoir l’impression de vivre… Les autres aiment mon corps à ma place. Parce que moi, je lui voue une haine forcenée. Alors oui, j’écoute et ça me fait plaisir que l’on me dise que je suis belle. Parce que comme pour n’importe qui, ça me plait de plaire ! Mais ça n’est pas pour autant que cela change ma propre vision de moi-même. Dès que j’ai dépassé le pas de ma porte ou que je ne suis plus sous le regard d’autrui, tout retombe comme un vulgaire soufflé au fromage. Je me vois dans un miroir et là, mes yeux et ma conscience s’ouvrent pour de vrai… 
Je suis laide. Je ne suis qu’un tas informe de chaire. Une sorte de montagne de viande avariée. 
En plus dès que je suis stressée, mon taux de cortisol augmente. Et comme beaucoup d’hormones, ça fait grossir. Beaucoup grossir…
En 15 jours là, j’ai pris 10 kilos. Je peux vous le dire à vous : je pèse aujourd’hui 70 kilos… Riens que d’écrire ce chiffre immonde j’ai envie de pleurer… Mais s’il n’y avait que ce nombre… Non, il y a le miroir. Le miroir qui me renvois un ventre dégueulasse. Le miroir qui me montre mon cul immense comme un porte-avion. Ça c’est certain que je ne risque pas de me louper quand je m’assoie dessus ! Mes joues qui se sont arrondies comme si j’étais un hamster qui préparait ses provisions pour l’hiver. En gros, je ne ressemble à rien… Ou à un gros tas informe. Ou à un pop corn. En tout cas, rien qui ressemble à une femme. Une femme belle et désirable…
D'ailleurs, lors du premier viol, le mec m'avait que j'étais "magnifiquement mince". Et qu'une femme mince c'est ce qu'il y avait de plus beau... S'il voyait le boudin monstrueux que je suis devenue aujourd'hui... Au moins là, il ne risquerait pas de me toucher...

À chaque fois que j’ai eu un pauvre mec qui avait perdu la raison, et qui du coup voulait se mettre en couple avec moi, j’ai toujours douté. Que pouvait bien me trouver ce pauvre homme ? Comment pouvait-il avoir envie de me voir nue ? J’ai toujours l’impression que l’homme qui « sort avec moi » ou me saute, se sacrifie. Que c’est uniquement pour me « faire plaisir » et qu’il fait sa B.A de l’année. 

Aujourd’hui j’ai honte… La simple idée que l’on puisse poser ses mains sur moi, et que l’on puisse sentir tous mes bourrelets me glace d’effrois. Souvent la question ne se pose pas : cela fait longtemps que j’ai cessé de me mettre dans des situations ou je ne « risques » pas de coucher avec quelqu’un. Bien sûr il m’est arrivée de faire des exceptions. Et là, il y'a un savant mélange qui se forme dans ma tête… Mélange entre mon angoisse de dégouter le mec et mélange de ma figure qui ne laisse rien transparaitre de ce qui se déroule comme pensées dans ma tête. 
Parfois mon cerveau se met sur OFF et me permet de ne vivre que l’instant présent sans me préoccuper de tous mes complexes. Mais là, quand je suis dans une période comme celle-ci, ça m'est impossible. Rien n’est naturel. Le simple fait de faire la bise à quelqu’un me fait monter de l’angoisse. Même quand il s’agit de quelqu’un de proche ou quelqu’un que j’aime. Je m’attends à chaque instant au regard dégouté qui pourrait me tomber dessus… Mais j’enfouis ma peur et je me contrôle…



J’ai peur du jour ou je n’arriverais pas à me contrôler. J’ai peur du jour ou les gens verront ce que moi, je vois…
En attendant, j'ai besoin boulimiquement d'avoir des mains sur moi. J'ai besoin des regards emplis de désir même si j'ai l'impression qu'il est impossible que se soit moi qui les provoque. J'ai besoin qu'on me fasse l'amour. Mais pour une fois, je n'accepterais pas que se soit n'importe qui qui me le fasse...



Dessin réalisé par moi-même. "Véracité tangente"...
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18/11/2015
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La mémoire qui fait ce qu'elle veut


  Cette nuit j'ai fais un cauchemar. Ou plus exactement j'ai eu un flash-back pendant que je dormais...

J'ai revécu la tournante (Ou le "viol en réunion" comme m'avait reprise une psy...). J'ai été victime de 3 viols et pourtant celui-ci, je n'en parle quasiment jamais. Parce que je ne suis pas prête à y faire face... Je sais qu'il a existé, mais mon cerveau se refuse à comprendre réellement ce que mon corps à subis pendant deux longues heures.
Et pourtant, cette nuit, il ne m'a pas épargné. J'ai revu, j'ai à nouveau ressentis toute la souffrance et toute l'humiliation. Ce matin je me suis réveillée en ayant mal partout. Je me suis levée avec cette affreuse douleur mémoire que mon corps avait été déchiré en deux à partir de mon vagin. Je me suis sentie sale, perdue, accablée par la souffrance morale. Je suis allée me laver dans le noir pour ne pas voir mon corps horrible dans le miroir. Je n'ai même pas envie de sortir tellement j'ai peur du regard des gens sur ce corps hideux et imontrable. Je voudrais tuer ce corps sans me tuer moi-même. Moi, mon âme... La seule chose qui mérite de vivre encore chez moi...

Je suis face à la mer au milieu d'un paysage paradisiaque et je vois par dessus ça, en image de fond, ces 6 mecs qui me passent dessus un par un... Ces 6 hommes qui n'ont pas un seul regard humain pour à mon encontre. Je ne suis rien. Rien que des membres assemblés que l'on tire, écarte, pousse durement sur le côté parce que "ça" gêne. Je suis une masse de chair que l'on pétris, dans laquelle on enfonce ses mains et ses ongles sans ménagement.
Ce matin j'ai mis des litres de parfum... Parce que j'ai dans le nez cette odeur de sueur, de sperme et d'urine... J'ai l'intime conviction que tout le monde va se retourner sur mon passage en se bouchant le nez. Même si je sais intellectuellement que ça n'est pas vrai...

Et puis d'un coup, je me suis souvenu. Il y a 7 ans, je faisais des cauchemars quasiment toutes les nuits. Un matin je me suis réveillée dans un état pitoyable à côté de mon mec. J'ai commencé à lui raconter... La cave, le sol avec un matelas dégueulasse, les 6 mecs... Il m'a coupé en me disant : "Je ne veux pas savoir. Tais toi, je refuse que tu me reparles à nouveau de tes viols. Je ne peux pas supporter de t'imaginer en train de te faire baiser comme ça par tous ces types !".
Alors je me suis tus. Parce qu'effectivement, c'est dégoutant d'imaginer ce troupeau de mecs avec les pantalons aux chevilles. C'est gênant de m'imaginer étalée par terre. C'est humiliant qu'autant de sexes soient passés par là... Jusqu'à aujourd'hui, je n'ai pas réussi à retrouver les mots pour sortir le venin qui m'empoisonne. Même là, je ne sais pas vraiment comment raconter ce qu'il s'est passé... Je me sens handicapée par cette douleur et ces mots qui restent coincés dans ma gorge et dans ma tête.

  Aujourd'hui, une fois de plus, je vais faire semblant que tout va bien. Je vais faire semblant de ne pas voir toutes ces hallucinations. Je vais éviter d'imposer aux gens mon corps si détestable et mon esprit malade.
Je vais garder mon angoisse, ma honte et sourire. Sourire pour de faux, c'est ce que je sais faire de mieux...


11/11/2015
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Le savoir

    Je ne suis pas une fanatique des "dates anniversaires". À vrai dire, ça n'est pas une question que je veuille les éradiquer de ma vie, c'est simplement que je n'ai pas de mémoire des dates. Je suis incapable de savoir depuis combien de temps je suis avec mon homme par exemple, tout comme je ne sais pas quand j'ai été violée précisément.

En fait, il n'y a que pour le premier viol que je sache puisque c'était 10 jours avant mon anniversaire. Donc forcément, c'est plus simple pour se souvenir. Ça n'est pas pour autant que je l'associe à mon anniversaire. En fait, je me suis rendu compte que tous les ans j'ai ma "sale période" qui se situe au alentour de septembre/octobre.
C'est le moment ou j'ai l'impression de devenir acariâtre, de ne plus rien aimer, que tout et tout le monde m'énerve. Mais surtout, je n'arrive plus à dormir. Mes nuits sont pourries de cauchemars.

Les dernières années, je revoyais en boucle le premier viol. Avec cette obsession du mur en béton s'incrustant dans mon visage. Cette foutu chaise sur laquelle il m'avait obligée à m'asseoir pour que ma bouche soit "à la bonne hauteur"... Mais cette année, ça y est, je suis débarrassée de ce viol là. Maintenant, je suis passé au suivant. Enfin, en vérité j'en ai mis un de côté (pour plus tard ?) : la tournante. Mes cauchemars sont passé directement au 3ème.

 

Mon ex.
Rien que d'écrire cela, ça me déchire les entrailles. "Mon" comme si quoi que se soit en lui m'ait un jour appartenu. Et puis est-ce qu'un homme qui vous a fait vivre l'horreur mérite encore d'être considéré comme un "ex" c'est à dire la suite de "l'amoureux aimant" ?
En fait, il est Gros Con et puis c'est tout. Rien d'autre.
J'aimerais qu'il sorte entièrement de ma vie. Qu'il n'existe plus nul part. Mais ça n'est pas possible. Quand bien même il serait mort, ma mémoire le garderait toujours vivant. Alors maintenant, après m'avoir gâchée une partie de mon âme, il vient me détruire mes nuits.

 

J'ai peur. Tellement peur... Même hors période noire comme maintenant, j'ai toujours eu une appréhension à dormir avec mes hommes. Toujours cette peur, qui me fait honte, que eux aussi s'allongent sur moi en pleine nuit en me serrant la gorge en disant : "Je vais te marquer comme un chien te pisserait dessus !". Oui, il m'a marqué à vie cette enflure. Parce que déjà, être violée par un parfait inconnu demande un travail par rapport aux hommes par la suite. Là quand il s'agit de l'homme qui vous aime, tout votre rapport aux futurs hommes aimant va être sali.
Il a l'air gentil. Il ne me fera surement pas la même chose. Mais qu'est ce que j'en sais... Aucune femme violée par son conjoint le savait en se mettant avec lui. Il n'y a aucun signe qui vous dit quand vous tombez amoureuse : attention, cet homme va faire tout pour tuer ce qui existe en toi.

Considérer l'homme que l'on aime comme un potentiel violeur est particulièrement culpabilisant. Même si c'est une pensée furtive...

 

Alors maintenant, j'ai peur, je me sens mal, j'imagine des choses. Je n'ose même pas envisager de faire l'amour avec qui que se soit. D'ailleurs "faire l'amour"... Que c'est drôle d'associer une expression aussi jolie avec l'image que j'en ai en ce moment. J'ai l'impression que quoi que je puisse faire, quoi qu'il puisse se passer, ça sera obligatoirement douloureux. Obligatoirement dégueulasse. Obligatoirement humiliant. Je suis incapable de concevoir la notion d'amour. Le simple "je veux te montrer que je t'aime". Cela me paraît tellement absurde.
Je suis hermétique à toutes marques d'amour.

Je ne sais même pas ce que je veux. J'ai l'impression de vouloir plein de choses et la seconde d'après, plus rien. Je voudrais mourir et vivre en même temps. J'aimerais simplement avoir la sensation d'avoir une vie normale.

 

Je ne veux plus savoir ce que c'est le regard haineux d'un homme. Je ne veux plus savoir ce que c'est de se voir mourir littéralement avec les mains d'un homme autour du cou. Je ne veux plus savoir ce que c'est que d'entendre : "Je te laisse. J'en ai marre de baiser un cadavre.". Je ne veux plus savoir ce que c'est d'avoir l'impression de ciseaux qui vous découpe le corps en deux à partir du vagin...

Je veux être enfin sereine.

 

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11/09/2014
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L'âge de mon corps.

    Je viens de prendre conscience qu'il n'y a pas que mon "cerveau" qui soit en décalage avec mon corps. Il y a aussi mon âge réel et l'âge de mon corps...

Mon corps est devenu celui d'une femme, mais à mes yeux, il n'a jamais changé. Il est resté le corps qui a été tripoté quand j'avais 7 ans. J'ai perçu quelque peu son changement quand j'ai commencé à avoir ces seins vulgaires et énormes qui plombaient ma démarche et me pétaient le dos. Un "D" sur une nana de 17 ans qui s'habille encore en 14 ans, ça se repère à 20 bornes. Puis peu à peu, j'ai commencé à me faire à ces obus sur mon petit corps... Et là, "l'autre" a débarqué dans ma vie pour me montrer ce que c'était que la violence à l'état pur. Boulimie puis anorexie. Adieu les obus... Pas eu le temps d'intégrer complètement cette vision de "femme" naissante.

Alors maintenant, comme n'importe quel enfant, j'ai besoin de montrer ce que je suis pour que cela prenne vie dans les yeux de quelqu'un. J'ai besoin d'avoir les mains d'un homme sur mes seins pour me dire qu'ils sont bien là, et qu'ils sont quelque chose de physiquement et esthétiquement attirant pour une grande personne. Ils existent pour de vrai ! Mais dès que les mains les quittent, ils re-disparaissent à mes yeux. Ils ne sont plus qu'une espèce de vague tas de chair qui ne ressemblent à rien de bien précis.
Tout acte "adulte" fait avec mon corps devient une source d'angoisse. Angoisse de performance... Suis-je assez bien ? Comment ce pauvre homme peut-il faire pour réussir à prendre son pied avec "ça" ?? Au moins, avec de l'argent, la question ne se posait pas. On me payait pour un acte, pas pour un résultat...
Alors qu'avec un homme qui vous donne lui même du plaisir, l'impression d'être une  "marchandise avariée" qui ne sert pas à grand chose plane au dessus de ma tête. Et s'il s'ennuyait ? Et s'il rentrait chez lui en se disant qu'il a perdu son temps ? Et s'il était tellement frustré qu'il soit obligé de coucher avec une autre pour compenser "cette pauvre fille qui ne servait à rien" ?

Je ne comprends pas comment l'on peut apprécier ce corps que je déteste... Comment peut-on trouver beau ce tas de viande qui ne se tient même pas correctement ? Je ne serais jamais parfaite car, je ne sais même pas, ce que je serais susceptible de considérer comme parfait... L'idée de faire 50 kilos m'obsède littéralement. Mais je ne suis pas suffisamment conne pour ne pas savoir que si je les atteint, cela ne changera rien à tous les défauts que je vois sur ce corps de malheur...
En ce moment j'ai maigris... Et pourtant je me sens si grosse, si encombrante. Ce ventre dégueulasse qui me sort par les trous de nez... J'aimerais tellement me taper un trip à la Virginie Despante dans l'un de ses livres ou la nana se découpe le ventre au couteau de cuisine ! Comme cela, se serait enfin lui qui souffrirait et non moi. Le faire payer une bonne fois, pour toute les horreurs qu'il m'a faites subir.

J'ai une telle haine envers ce corps sans âge et sans repère qui ne tolère de fermer sa gueule que lorsqu'il est soudé au corps d'un homme...

 

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10/07/2014
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L'envie, un bien vaste programme

 

  Depuis le 10 septembre, cela fait 12 ans... Non, je ne stigmatise pas ce genre de date anniversaire. C'est juste mon corps qui tient à se souvenir.

Du jour au lendemain, je me retrouve avec une sorte de chape de plomb sur la tête et autour des poumons. Je me sens mal, agressée par tout et surtout cette sensation de ne rien avoir envie de faire est pesante. C'est un peu comme si d'un seul coup, je me mettais dans une sorte d'attente de ma mort. Alors, là, je me met à fantasmer que peut-être demain, je serais enfin morte. Peut-être que du coup, enfin, je saurais ce que c'est que de ne plus être rongée par l'inquiétude. Je voudrais tellement ressentir une seule fois, pendant une toute petite minute comment c'était avant... Comment c'était de ne PAS savoir ce que la vraie douleur voulait dire.

Avant, ça voulait dire avoir le courage mais, surtout l'ENVIE de se battre. Maintenant, quand je fais front aux choses, c'est juste pour arrêter de souffrir. ça n'est même pas pour rétablir une vérité ou pour avoir la joie de sortir vainqueur. Non, c'est juste parce que je ne sais pas combien de temps je pourrais faire face sans m'effondrer. Je ne sais pas combien de petits cœurs il me reste avant le GAME-OVER.  Aussi courageux que l'on soit, on ne peux pas se battre continuellement comme ça. ça n'est pas possible. Je suis tellement usée à présent... Et le pire, c'est que mon entourage ne s'en rend même pas compte. Pour eux se sont juste de petites emmerdes dans la vie. Eux ça les fait chier 30 secondes et puis quand c'est régler, bien c'est fini, on en parle plus.

Pour moi, ça n'est pas pareil. Mon corps et toute mon âme ne sont qu'une plaie béante perpétuellement ouverte. Alors, toutes les attaques, toutes les insultes, toutes les injustices qui s'accumulent, ne sont que des poignards qui continuent d'enlever des bouts de mon âme. Ce qui est parti ne "repousse" jamais. Pourquoi ne veulent-ils pas le comprendre ? Que faut-il que je fasse, que je me trimballe avec un panneau : "Faites gaffe, en cours de décomposition avancé ?".
Quand on a l'air d'une victime permanente, ça saoule les gens. On voit leur pensée à base de : il faudrait qu'elle se secoue au lieu de ressasser. Ok, c'est grave son truc, mais bon en faisant des efforts on s'en sort. C'est qui le "on" déjà ? Ils sont concernés eux peut-être ???  Mais, par contre, si on fait tout pour montrer que l'on est un humain "normal" sans passé, alors là, ils l'oublient ce passé en question, et ne se gênent pas pour vous faire souffrir plus que nécessaire.
ça me déprime de savoir que je ne me sentirais jamais protégé par rien. La douleur est tellement grande de réaliser que plus jamais je ne saurais ce que c'est que le sentiment de parfaite quiétude. On m'a fait bien trop de mal, pendant trop d'années pour que maintenant je puisse remonter... Je ne dis pas tout ça parce qu'a présent je suis vraiment déprimée, non, je le pensais avant. Même quand je me trimballe avec un sourire qui me coupe la gueule en deux, même quand je ris comme une dinde à gorge déployée, je sais...

Je sais que plus jamais, je ne saurais ce que le mot "sécurité" veut dire...


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28/10/2013
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Un vague souvenir


  L'injustice. C'est une notion que tout le monde connait plus ou moins. Pour ma part, je l'ai souvent subi. J'ai un peu l'impression que dès qu'on nous a pourri un bout de nous-même à cause d'une injustice, on se sent vite gangréné par toutes les autres injustices qui s'abattent inlassablement sur nous après.

Les injustices ne disparaissent jamais de notre tête. Tout comme le mépris. Ce sont deux choses dont on ne peut pas guérir. Enfin, en tout cas, moi, je ne peux pas. C'est comme si toutes ces attaques creusaient des trous dans mon être et que rien ne pouvait "repousser" à la place. Je me rend compte que la sensation est la même que lorsque l'on a voulu me tuer. Même si je ne suis pas morte, on m'a tuer quelque chose en moi quand même. Un vide, qui ne s'est jamais comblé à l'heure actuelle, s'est créé. Chaque injustice crée d'autres vides. En fait, à force, je ne sais même pas ce qui me tient en vie... Je me nourrie tellement de ce vide que j'en viens à être persuadée que personne ne peux m'aimer telle que je suis. Tout le monde a peur du vide...

Un jour, on m'a comparé à une autre fille qui était bien vivante, joyeuse, colorée... On m'a dit que j'étais une "merveilleuse nuit noire étoilée" et qu'elle, c'était "un beau ciel bleu". On m'a préféré le "beau ciel bleu"... Je serais toujours comme cela, un trou vide ou une infinie noire. Personne ne veux de cela. On se contente simplement de faire avec. C'est mieux de vivre avec le néant que d'être le néant soi-même. ça rassure au final... Je me considérerais toujours que comme un pis aller. Je crois que je resterais avec ce sentiment tatoué en moi que je me contente de démolir la vie des gens. Ok, après coup, ils reconnaissent que je les aient fait progresser. Mais, ça, ils ne le pensent pas de suite. ça ne vient qu'après profondes réflexions. Chez trois personnes cela s'est produit : il a fallu minimum un an pour reconnaitre que non, je ne m'étais pas contenté de leur détruire leur vie.
Alors oui, je ne suis qu'une nuit étoilée. Je ne pourrais jamais être un beau ciel bleu... Même si cette idée me ronge, ça n'est que la vérité. Vérité qui se base sur des preuves...

Se sentir seule avec les autres, c'est déjà une chose... Mais, se sentir seule avec soi-même, c'est tout bonnement affreux.

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24/10/2013
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